
LA MALEDICTION : QUAND LA REALITE RATTRAPPE LA FICTION
Tout sur LA MALEDICTION - Photos - Le 2008-08-21 11:40:13Nicolas Boukhrief

Le 9 septembre prochain, l'un des classiques de l'épouvante des années 70 va repointer le bout de ses cornes avec sa sortie sur le support Blu-Ray. Comme beaucoup, Nicolas Boukhrief a été frappé par cette Malédiction de Richard Donner qui encore aujourd'hui possède une réputation assez avantageuse. Si la réussite du projet n'est pas à rappeler, peut-être pourrions-nous nous pencher, le temps de quelques anecdotes, sur le véritable calvaire qu'aura été ce tournage véritablement maudit...
L'un des sujets dont semblent être friands les spectateurs du monde entier au cours de cette période des 70's est l'intrigue démoniaque. Pas uniquement celle qui ne se déroule qu'à l'intérieur du métrage mais aussi celle qui s'en extirpe. En effet, depuis que Roman Polanski a signé en 1968 son célèbre et exceptionnel chef d'oeuvre Rosemary's Baby, les foules sont majoritairement attirées vers les films à dominante satanique. Car il semble n'y avoir rien de tel qu'une histoire imaginaire qui soudain prend corps et qui transcende la fiction pour s'abattre sur les protagonistes l'ayant servi dans la réalité. Ainsi, après que beaucoup aient sué sur la paranoïa légitime de femme enceinte de la radieuse Mia Farrow, les passions se sont déchaînées autour des faits divers sordides qui entourèrent la sortie de l'oeuvre relatant la naissance de la progéniture du démon. Si l'annonce du divorce du couple Sinatra/Farrow avait déjà fait coulé beaucoup d'encre à l'instar des disputes des jeunes mariés Polanski/Tate tout au long du tournage, c'est l'assassinat de cette dernière par les fidèles du hippie violent Charles Manson l'année d'après qui choqua la planète entière : la tragédie, à la dimension morbide d'une exceptionnalité rare, sera telle qu'elle couvrira le film et le réalisateur d'une aura de malheur qui les suivit longtemps après, Polanski s'enfonçant un peu plus dans cette horreur quotidienne en bouclant sa trilogie terrible entamée avec Répulsion (1965) et Rosemary's Baby par un Locataire en 76 d'un pessimisme épouvantable. Lorsque, quelques années plus tard (1973), L'exorciste -adaptation d'un roman de Peter Blaty- est adapté par un Friedkin survolté, le succès est à nouveau là, les foules raffolant de ces terreurs aux étranges relents de vérité. Terrifiant, magistral, bouleversant, le film bat tous les records, conforté par une mythologie annexe au tournage qui fait les choux gras de la presse spécialisée : la folie de Friedkin, les accidents de Ellen Burstyn, les plateaux qui brûlent et les décès officient à merveille en tant que folklore dans lequel viennent se mêler aux réalités les fantasmes les plus dingues...

A la fin de l'année 1975, chacun cherche à profiter du gâteau que représente l'aubaine des films maudits par le démon lui-même : rien que pour 77, on prévoit L'hérétique -suite de The Exorcist par Boorman- et La sentinelle des maudits de Michael Winner et d'après un roman de Jeffrey Konvitz. Décidée de sortir un film avant ces deux là et de filer dans la brèche qu'a ouvert le film de la Warner, la Fox achète les droits d'un roman de David Seltzer nommé The Omen narrant les premières années de l'antéchrist fait homme. Persuadée que l'adaptation fera un boucan de tous les diables, la maison de production tente de convaincre plusieurs réalisateurs de s'atteler au projet mais sans réel succès. Seul Richard Donner -à l'époque yesman du microcosme télévisuel avec à son actif des épisodes de Kojak entre autres- accepte, profondément convaincu que le film sera un tremplin pour passer le cap et s'investir dans le circuit du long métrage. Si le futur réalisateur de Superman a en effet raison quant au potentiel de l'entreprise, il va pourtant se voir confronté à des problèmes qui jusqu'alors étaient relativement rares sur les tournages. Car le projet, baptisé originellement The Antichrist, sera bientôt victime de l'intérêt que certaines forces occultes semblent lui porter, l'oeuvre s'alignant dans la continuité des films maudits.
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