
CINE : L'ART DE LA PENSEE NEGATIVE
Tout sur L'ART DE LA PENSEE NEGATIVE - La Critique - Photos - Le 2008-08-21 02:39:24L'ART DE LA PENSEE NEGATIVE
Un film de Bard Breien
Avec Fridjov Såheim, Kjersti Holmen, Henrik Mestad
Durée : 1h19
Date de sortie : 26 novembre 2008

L'ART DE LA PENSEE NEGATIVE de bard breien
Geirr est trentenaire et handicapé à la suite d'un accident. Sa femme est sur le point de le quitter, cédant devant son mauvais esprit et sa misanthropie galopante. En désespoir de cause et pour lui donner une dernière chance, elle convie chez lui un groupe d'handicapés chaperonnés par une coach pleine de foi en sa méthode positive. Il les accueille à sa manière en leur vidant un extincteur dessus. Dès lors, son entreprise de démoralisation commence. Tous les repères vont exploser, les handicapés vont prendre le contrôle et exclure les valides et leur bonne conscience, se perdant dans une nuit d'ivresse aux vertus inattendues.
Nous sommes donc là devant une ode vibrante au politiquement incorrect, où un handicapé refuse de se conformer aux règles, d'avoir l'apparence rassurante et humble que tous attendent de lui. De plus il n'a aucune envie de s'intégrer et donc nul besoin d'être reconnaissant envers qui que ce soit. Il se contentera donc de regarder en boucle ses DVD avec une prédilection pour Voyage au bout de l'enfer et Apocalypse now, écoutant le disque de Johnny Cash à la prison de Folsom, fumant des cônes énormes. Mais sa petite amie veut le voir aller mieux, guérir, et fait pour cela appel à ceux qui prônent la pensée positive, pour convertir le récalcitrant. Ce qui est imprévu c'est que son mauvais esprit est contagieux et on assiste bientôt à une véritable mutinerie, un saccage en règle des idées reçues et bien rangées, symbolisées par le pavillon bien propret qui au fil du film et des masques qui tombent deviendra presque un champ de bataille.

L'ART DE LA PENSEE NEGATIVE de bard breien
La mise en scène de Bard Breien rappelle un peu le dogme tel qu'il avait été utilisé par Thomas Vinterberg dans Festen. L'idée du film s'en approche également, fait d'un montage nerveux, d'échanges vifs entre les personnages, les clichés ne tiennent plus. Ici la bonne-âme qui tentera de faire danser un homme en fauteuil roulant pourra se prendre une droite bien sentie. De même que l'hypocrisie des charitables sera démasquée. Il n'y a pas à transcender la souffrance, à l'oublier mais à l'affronter, à l'intégrer à sa vie. Et rien ne résistera à l'impitoyable lucidité du héros incarné avec une ironie mordante par Fridjov Såheim. Tous ses semblables suivront son exemple, le temps d'une nuit pour déchaîner leurs frustrations, se lâcher, ne plus être exemplaires et purs tels qu'on voudrait qu'ils soient pour qu'ils ne dérangent pas. Ici, ce qui apparaissait d'abord comme de la misanthropie ou de la déprime, devient une invitation à se confronter à la réalité sans morale ou slogans rassurants. Et c'est une véritable libération, inattendue et salvatrice, parce que personne ne laissait auparavant transparaître sa négativité, les personnages devaient tous faire bonne figure ou réserver leurs pensées déprimantes à un vieux bonnet de laine pudiquement baptisé « sac à merde ». Le film montre la belle émancipation de ceux qui n'ont pas le droit d'être négatifs, Geirr incarne leur libérateur. En cela, on s'éloigne de la gravité d'un Festen pour trouver la jubilation libératrice d'un Pump up the volume. Un groupe de gens trouve de quoi exprimer sa révolte.






































