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CINE : EDEN LAKE

CINE : EDEN LAKE

Tout sur EDEN LAKE - La Critique - Photos - Le 2008-08-21 02:40:52


Pas courageux une seule seconde et à la limite de la provocation opportuniste, Eden Lake, pas désagréable pour autant, marque l'essoufflement d'un genre en perte d'originalité.

Florent Kretz 5
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Remis au goût du jour et surtout à celui du public depuis quelques temps, le survival, genre émérite ressuscité par des oeuvres aussi percutantes et variées que le Wolf Creek de McLean ou The Descent du très british Neil Marshall, semblait s'être dernièrement calmé. C'est assez logiquement donc que cette vague radicalement viscérale se clôt avec cet Eden Lake, réalisé par un compatriote et ami du papa des Crawlers, James Watkins, qui livre finalement un film oscillant en permanence entre le territoire balisé et l'initiative plus ou moins audacieuse...

EDEN LAKE
Un film de James Watkins
Avec Kely Reilly, Thomas Turgoose, Michael Fassbender
Durée : 1h31
Date de sortie : 08 Octobre 2008



EDEN LAKE de james watkins - photo 4 - cliquez pour la HD
EDEN LAKE de james watkins

Jenny et Steve forment un couple gentiment bourgeois habitant à Londres. Décidés à passer un week-end romantique au bord d'un lac, ils s'apprêtent pourtant à s'embarquer pour deux jours terribles durant lesquels ils connaîtront une multitude de tortures infligées par une bande d'adolescents du coin et qui semblent bien s'être affranchis de toute autorité adulte.

C'est donc l'un des pays qui se sera le plus illustré dans le sous-genre du survival durant cette dernière période qui nous offre cet ultime volet. Après une pléiade d'actifs dans le genre -incarnés par deux films de Marshall mais aussi par Wilderness ou encore Small Town Folk-, la Grande-Bretagne récidive en nous livrant un Eden Lake à la réputation sulfureuse voire outrageuse... Si le premier film de Watkins s'affilie à merveille à la suite de ses prédécesseurs, s'il se montre respectueux des codes quasi-imposés par le genre, c'est pourtant ce qui lui fera défaut. Expliquons-nous.... La principale remarque que l'on pourra faire à cette première réalisation n'est en aucun cas sur sa forme : au contraire, usant d'un panoramique assez soigné, le réalisateur s'attachera à monter des plans relativement bien construits possédant même, lors de quelques éclats inspirés, de réelles qualités esthétiques. De même, la narration et l'enchaînement des péripéties se dérouleront dans une linéarité sans faille. Et c'est sans doute là que l'ensemble du métrage s'écroulera pour quiconque a déjà vu ses classiques. Si l'on peut pardonner à un auteur cinéphile ses emprunts et ses références avouées, on ne pourra que rarement accepter qu'on nous resserve la même assiette, surtout lorsque celle-ci est remplie des restes de la veille. Ainsi dès les premières minutes l'ambiance est posée, Watkins nous proposant une variation so british du film fondateur du genre, le classique Delivrance de Boorman : si Voight et Reynolds partaient dans les tréfonds d'une Amérique profonde pour contempler une dernière fois un territoire condamné à être inondé, nos deux héros d'outre-Manche s'apprête à profiter des derniers jours d'un lac amené à être le centre d'un gigantesque complexe immobilier. Lors d'une ouverture telle que celle-ci, le spectateur se montrera tout de même docile, sans doute captivé par les informations radiophoniques sur lesquels les tourtereaux semblent tout à fait d'accord : la perte des repères familiaux chez les jeunes générations a entraîné une hausse improbable de la délinquance, les actes rebelles et violents provenant d'adolescents d'habitude bien tranquilles se faisant de plus en plus courants.



EDEN LAKE de james watkins - photo 13 - cliquez pour la HD
EDEN LAKE de james watkins

Si la jolie et utopiste Jenny -à laquelle la toujours fraîche et ravissante Kelly Reilly prête ses traits- admet que l'avenir ne s'annonce pas sous ses jours les plus sombres, son concubin opterait bien pour une reprise en main énergique... Le message s'annonce d'autant plus clair que le quart d'heure d'ouverture se veut contemplatif d'une société qui, par trop de laxisme, a fini par se mordre la queue et s'apprête à s'écrouler. Personne ne sera donc dérouté par l'intonation habilement réactionnaire qui, de toute évidence, fait partie des leitmotivs du genre qui prône généralement une réponse musclée, sans concession et très rarement au cas par cas. Malheureusement, en l'espace d'une scène, et ce bien avant la mise en bouche des événements barbares qui suivront, le film semble se trahir : tandis que nos amoureux ont déjà émis leurs avis quant à la situation, la gifle donnée par une mère en réponse à la turbulence de ses enfants les horrifiera au plus au point, les indignant totalement d'une réaction aussi primaire. Instantanément, l'ensemble -à venir- se verra décrédibilisé par l'attitude finalement politiquement correcte et hypocrite de nos deux amants et par la même occasion du métrage... Surtout que même dans les pires situations, ils s'entêteront à vouloir se montrer simultanément radicaux -dans leurs actes- et modérés -dans leurs idéologies. Difficile alors de prendre part à une intrigue qui se présente et se veut véritablement provocante et ambiguë mais qui finalement tentera de toujours refouler ses élans virulents...

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