
CINE : OBSCENITE ET VERTU
Tout sur OBSCENITE ET VERTU - La Critique - Photos - Le 2008-08-22 09:16:02
Romain Le Vern 6
OBSCENITE ET VERTU
Un film de Madonna
Avec Eugene Hutz, Vicky McClure, Holly Weston, Richard E. Grant, Stephen Graham, Ade, Olegar Fedoro, Francesca Kingdon, Clare Wilkie
Durée : 1h21
Date de sortie : 17 Septembre 2008

OBSCENITE ET VERTU de madonna
A l'heure où certains doutent de son intégrité musicale (son dernier album Hard Candy laisse à désirer de ce point de vue), Madonna devient réalisatrice le temps d'un long métrage qui à l'origine devait être conçu comme un court. Il se trouve qu'au cours de l'exercice, la star a pris suffisamment de plaisir pour avoir envie de développer la dramaturgie, les personnages, les situations. Pour son baptême, elle sait qu'elle est attendue au tournant non pas par ses fans mais par les cinéphiles qui résument le plus souvent son envie de faire du cinéma à de l'opportunisme. Dans le but de les rassurer, elle évite de paraître trop prétentieuse (pas de mise en scène tape-à-l'oeil, pas d'utilisation de ses derniers tubes). Ce qui peut rassurer, c'est qu'elle ne considère visiblement pas le cinéma comme un robinet à promotion mais comme un vecteur pour exprimer sa sensibilité d'artiste plurielle et ainsi ses obsessions (la spiritualité, la transmission du savoir, la figure du père, la beauté cachée des marginaux).

OBSCENITE ET VERTU de madonna
A la surprise de ceux qui s'apprêtaient à lui tailler un méchant costard, Obscénité et vertu - dont il ne faut pas attendre une révélation ni même une révolution - se révèle presque attachant grâce à sa démarche étonnamment sincère. On aurait préféré plus d'obscénité et moins de vertu, d'autant que si Madonna avait raconté cette même histoire au début des années 90 pendant sa période Erotica, elle n'aurait pas la même allure. Idéalement, le scénario s'attache à trois protagonistes motivés par leurs passions et joue sur le décalage entre ce qu'ils sont au quotidien et ce qu'ils aimeraient être. On suit donc un émigré Ukrainien, sorte de grand dadais à la Tony Ward mal rasé et en voie de clochardisation, qui veut vivre de sa musique mais se contente d'être gigolo pour nourrir les fantasmes sadomaso de ses clients (un peu à la manière de Business is Business de Paul Verhoeven). Holly (Holly Weston) qui veut être danseuse dans un ballet prestigieux mais se rétame en voulant écraser un cafard avec sa ballerine et débarque dans une boîte de strip-tease. Juliette (Vicky Mcclure) qui rêve de sauver des orphelins africains mais se contente d'un job ennuyeux de vendeuse dans une pharmacie.








































