

La présence de l'édition de Death Sentence dans cette rubrique mettra en rogne les quelques fanatiques du film qui hurlaient déjà légitimement au scandale : en effet, une bonne partie des suppléments disponibles sur le disque édité outre-Atlantique par la 20th century Fox a disparu lors du voyage vers nos contrées. Adieu donc quelques documents tels que The Life after Film School qui offrait à trois étudiants américains l'opportunité de rencontrer Kevin Bacon et de discuter autour du thème de l'actorat et de la réalisation ou encore cette série d'une dizaine de webisodes qui parcouraient l'ensemble de la production. Si tous ces suppléments manqueront fatalement, il est aussi évident que dans notre malheur nous avons de la chance : en effet, le supplément le plus intéressant est bel et bien présent dans cette édition proposée par Metropolitan. L'apparition de cette director's cut tant attendue tient du miracle et permettra au public de découvrir le métrage du petit père Wan sous un tout nouveau visage. Car si la version longue de l'un de ses précédents métrages ne valait pas forcément la peine, celle-ci présente une nouvelle face de la tragédie qui touchera la famille Hume sous la caméra aiguisée du jeune réalisateur.

Si Saw retrouvait une dimension moins teen et plus adulte avec sa director's cut, son existence ne valait que par la résolution de Wan, qui souhaitait se séparer du bagage musical imposé pour financer le film. Ainsi, il éclipsait la bande sonore conçue comme une compilation de morceaux indus ou métal au profit d'une longue plage beaucoup plus classieuse et moins tape-à-l'oeil intégralement composée par le génial Charlie Clouser. Du reste, le métrage ne se trouvait agrémenté que de quelques plans plus ou moins audacieux et dont le seul intérêt consistait à ajouter un peu de sang ou de tripes. Il n'en sera pas de la sorte pour le nouveau montage de Death Sentence qui emmène l'intrigue sur une durée globale de 120 minutes, soit plus de dix minutes supplémentaires. Si les quelques infimes séquences ajoutées ne changeront en rien la teneur du métrage de James Wan, c'est pourtant dans l'allongement de scènes, parfois uniquement de quelques secondes, d'un plan ou deux, que le jeune cinéaste va poser son empreinte et postuler définitivement au titre d'auteur possédant une maturité exceptionnelle. L'ensemble de l'intrigue apparaît bientôt beaucoup plus lourde mais surtout habitée par une véritable vision, celle d'un réalisateur s'étant bien gardé de proposer son avis dans une version salle pour le dévoiler uniquement dans sa director's cut qui pourrait même se faire appeler « James Wan's own version ». Là où d'autres versions longues, à l'instar de celles de James Cameron, dévoilaient des pans entiers d'histoire supprimés, la vision de Wan ne fait varier ses séquences que de quelques éléments souvent cruciaux et qui marquent explicitement la différence qui peut se faire lorsqu'une seconde ou deux viennent s'interposer.
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