
CINE : HELLBOY 2
Tout sur HELLBOY 2 LES LEGIONS D'OR MAUDITES - La Critique - Photos - Le 2008-09-16 16:03:27
Rafik Djoumi 9
AVIS A CHAUD
HELLBOY 2 LES LEGIONS D'OR MAUDITES
Un film de Guillermo Del Toro
Avec Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones, Katherine Hawkes, David Hyde Pierce, Luke Goss, John Hurt, Anna Walton, John Alexander, Tomas Kretschmann, Roy Dotrice, Brian Steele
Durée : 2h
Date de sortie : 29 Octobre 2008

HELLBOY 2 LES LEGIONS D'OR MAUDITES de guillermo del toro
Rien de parcimonieux dans Hellboy 2 les légions d'or maudites (mais pourquoi diable avoir rajouté ce « maudites » ?). Del Toro l'avait promis : cet opus sera infiniment plus généreux que son prédécesseur et, malgré ses contraintes budgétaires, il s'y est tenu. Le mexicain n'est pas du genre à vous accueillir avec un sandwich au jambon-beurre, et dès sa séquence de pré-générique, c'est la table des grandes noces qui vous est dressée : une armée de marionnettes recrée sous nos yeux la légende des Légions d'or, tandis qu'un Hellboy pré-pubère (incarné par Montse Ribe, la maquilleuse en chef du studio DDT et créatrice de fées pour Del Toro) s'abreuve de la magie de ce récit et de son lien filial avec le Pr Broom. On serait déjà tenté de voir là une sorte de version upgradée de l'ouverture du Dracula de Coppola (qui, elle aussi, utilisait des armées de marionnettes d'ailleurs). D'emblée, le désir de raconter, le désir de spectacle du cinéaste, interpelle le spectateur étourdi qui serait venu voir un film de super-héros avec 1h15 de dialogues filmés au filtre bleu. Car ici, aucune des séquences dialoguées (absolument aucune) ne se repose avec flemme sur les seules paroles des comédiens. Del Toro y injecte systématiquement un élément scénique (un objet que l'on s'échange, une chorégraphie particulière) qui devient le moteur de la scène et son sens plein.

HELLBOY 2 LES LEGIONS D'OR MAUDITES de guillermo del toro
Considérant que les personnages ont déjà été présentés, Del Toro nous plonge au coeur de leur quotidien, dans les locaux du BPRD, avec une emphase comique qui risque de surprendre ceux qui connaissent mal le comic-book de Mike Mignola. Avec ses sous-sols bondiens, ses agents en costards cravates qui tentent de maîtriser des monstres hyperactifs en arrière-plan, ces scènes du BPRD ne manqueront pas d'évoquer les Men in Black (qui, rappelons-le, nous viennent aussi d'un comic-book), ce qui est en partie assumé puisque Del Toro porte depuis longtemps un projet dans cette mouvance. Mais à y regarder de plus près, le style chorégraphique qui préside à ces scènes de comédie a bien plus à voir avec celui de Monkey Punch, créateur japonais de la série des Edgar de la cambriole (Lupin III). C'est d'ailleurs loin d'être la seule évocation d'extrême orient qui parcourt ce film sous influence. Car le McGuffin de l'histoire (une couronne mythique divisée en trois morceaux) évoquera forcément à certains la triforce de La Légende de Zelda. D'autres reconnaîtront dans les gigantesques galeries qui mènent aux légions d'or des visions dignes d'un Final Fantasy. La séquence qui conclue le combat époustouflant contre le gigantesque Elemental (une divinité sylvestre) semble tout droit sortie du climax de Princesse Mononoke. Et bien sûr, la grâce martiale du « méchant » de l'histoire, le Prince des elfes Nuada, et la beauté fulgurante de ses deux combats à l'épée contre Hellboy, nous renvoient illico aux plus belles heures du Cinéma de Hong Kong, à l'époque où Wong Fei Hung ou le Iron Monkey étaient encore filmés par des metteurs en scène soucieux de chorégraphie et de lisibilité.
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