
CINE : UNE FIANCEE PAS COMME LES AUTRES
Tout sur UNE FIANCEE PAS COMME LES AUTRES - La Critique - Photos - Le 2008-09-04 13:33:24
Romain Le Vern 6
UNE FIANCEE PAS COMME LES AUTRES
Un film de Craig Gillespie
Avec Ryan Gosling, Patricia Clarkson, Emily Mortimer
Durée : 1h46
Date de sortie : 24 Décembre 2008

UNE FIANCEE PAS COMME LES AUTRES de craig gillespie
En apparence, l'argument d'Une fiancée pas comme les autres évoque celui d'autres films. En particulier, Love Object, une série B sardonique dans laquelle un homme frustré apprenait à s'épanouir sexuellement au contact d'une poupée gonflable. Pourtant, les enjeux dramatiques sont différents: ce n'est pas un film d'horreur et il est moins question pour le personnage principal d'un besoin urgent de sexe que d'une soif maladive d'affection (et donc la nécessité de trouver la personne qui lui convienne). Paumé dans sa bourgade isolée du reste du monde, Lars - qui passe pour un marginal, sous prétexte qu'il n'a trouvé de petite amie à l'aube de la trentaine - décide au sens premier de s'en "fabriquer une" pour ne plus avoir peur du regard des autres. C'est peu dire que, sur de telles bases, l'intrigue promettait d'enchaîner les pires clichés du cinéma indépendant US - qui aime un peu trop les personnages bordeline avant de les faire rentrer dans un droit chemin - et donc de lasser ceux qui en ont un peu marre de ce système aux règles éculées...

UNE FIANCEE PAS COMME LES AUTRES de craig gillespie
Surprise : il n'en est (quasiment) rien. Grâce à l'humilité d'un script - plus subtil qu'il n'y paraît - qui essaye de donner une vraie blessure intime à chaque personnage sans jamais appuyer la détresse pour relever le pathos. Et surtout grâce à Ryan Gosling, encore une fois parfait en grand dadais mal rasé partagé entre un boulot rasoir, un frère qui ne le comprend pas, une belle-soeur enceinte jusqu'au cou, une médecin-psy en discrète empathie et une collègue de bureau attirée par sa beauté secrète. Face au conformisme des vies qui s'épuisent autour de lui (celle de son frère notamment, qui lui donne la sensation d'être un loser fini), Lars préfère se complaire dans son univers intérieur et si singulier. Et le réalisateur, nous le faire partager. Beaucoup sont ceux qui risquent de se braquer sous prétexte que l'ensemble tombe parfois dans des travers consensuels et n'évite pas toujours quelques facilités et autres raccourcis psy de mauvais augure. Toute la dimension «communautaire» qui vante des valeurs éprouvées frôle l'angélisme. Or, si on fait abstraction des fils trop voyants, l'intérêt du film réside toujours ailleurs : dans les maladresses, les élans, les regards et les crispations.













































