
BLOG A LA UNE : LA FIN DE L'ETE CINEMATOGRAPHIQUE
Tout sur BE HAPPY - La Critique - Photos - Le 2008-09-05 03:47:14
BE HAPPY de mike leigh
Tout d'abord, même si on entend ici et là, la Amélie Poulain française, rassurez-vous, Happy Go Lucky n'aborde jamais son sujet comme Jeunet. Poppy n'est en rien une Amélie anglaise. Elle est complètement dans un monde réaliste. C'est juste une volonté de sa part (et aussi beaucoup sa personnalité) de voir le monde comme cela. Elle rit donc beaucoup - ce qui avouons le au début est un peu horripilant - et essaie tout le temps d'arrondir les angles même si cela n'est toujours pas faisable. La vraie originalité du film vient des scènes de conduite. Filmé dans la voiture, on a bien l'impression d'y être ! Pour qui se rappelle l'horreur des cours de conduite avec un enfoiré, ces scènes sont d'un réalisme troublant. Et Leigh n'oublie jamais de peindre son pays avec son humour et son amour pour les petites gens toujours intacts. Lorsque l'on repense à son chef d'oeuvre palmé (Secrets ans Lies) on ne peut s'empêcher de se dire que le cinéma sans Leigh ne serait pas le même. Formidable directeurs d'acteurs, il nous fait découvrir une Sally Hawkins exceptionnelle de naturel qui n'a pas volé son prix à Berlin. Quant à Eddie Marsan (vu récemment en méchant dans Hancock), il prouve définitivement l'étendue de son jeu. Sur la corde raide entre nervosité et renfermement, il compose un moniteur exécrable qu'on n'est pas prêt d'oublier. L'avant dernière scène (je ne vous la raconterai pas) est géniale. Happy Go Lucky est un bonheur de film.

BE HAPPY de mike leigh
Autre réussite : L'empreinte de l'ange. Réalisé par Saffy Nebbou, découvert il y a maintenant quatre ans grâce au poignant Cou de la Girafe, ce nouvel opus, toujours interprété par Sandrine Bonnaire, est une confirmation de son talent de cinéaste. Nebbou a un vrai regard, ne cédant jamais à l'américanisation, à la mode ces derniers temps, ou à la réalisation téléfilm, de coutume dans le cinéma français. Avec de gros plans qui privilégie la contemplation des visages des actrices, Nebbou arrive à saisir l'intériorité de ses personnages. Elsa (Catherine Frot) a perdu sa petite fille sept ans auparavant. Un jour elle voit une enfant qu'elle pense être la sienne. Malheureusement c'est la fille de Claire (Bonnaire) qui ne voit pas au début qu'Elsa est très fragile. Sur cette trame déjà vue, inspirée d'une histoire vraie, Safy Nebbou va construire (avec Cyril Gomez Matthieu) un drame psychologique qui va se nouer crescendo entre les deux femmes. Le suspense en filigrane (est-elle folle ? A-t-elle raison ?) avance progressivement et vous noue subtilement la gorge. Bon allons-y tout de go : Bonnaire est très bien as usual et Frot fait des merveilles avec ce rôle de femme fragilisée par la vie. A coup sûr l'un des meilleurs duo/duel de l'année. A quand les Césars ?
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