
PAUL THOMAS ANDERSON : INSOLENCE D'UN JEUNE MAITRE
Tout sur THERE WILL BE BLOOD - La Critique - Photos - Le 2008-09-05 10:59:45Pascal Laugier
Il est des cinéastes rares, que l'on aborde comme des auteurs, au sens noble du terme, des gens qui font oeuvre, dont le style est reconnaissable, dont chaque film devient une grande surprise. On sent un créateur qui utilise la caméra avec virtuosité, maîtrisant ses procédés et imposant sa forme de narration. C'est vrai de Kubrick, de Scorsese, de Tarantino. Ça l'est également de Paul Thomas Anderson, qui, avec seulement cinq films au compteur, s'est définitivement imposé dans la cour des très grands, avec ce chef d'oeuvre qu'est There will be blood (qui sort le 3 septembre en DVD). L'un de ces metteurs en scène dont on se repassera les films inlassablement pour s'émerveiller de leur richesse.

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Ce qui frappe avant tout, c'est le plaisir évident qu'Anderson a à mettre en scène. S'il choisit John C. Reilly, Philip Seymour Hoffman ou Adam Sandler pour jouer dans ses films, quels qu'ils soient, c'est avant tout parce qu'il en est fan. Comme on le découvre dans le commentaire audio de Boogie nights -l'un des plus enthousiastes qui soient-, l'homme aime avant tout les acteurs. S'il privillégie les plan-séquences, de longs moments où le steadycam suit les comédiens ou virevolte autour d'eux dans une chorégraphie maitrisée, c'est pour ne pas bouleverser la continuité de la scène et la cohérence de leur jeu, ne rien hacher. P.T Anderson aime à prendre son temps. Il savoure le plaisir qu'il a à voir des gens qu'il admire donner vie à son univers. S'il y a une raison profonde à son cinéma, c'est cet enthousiasme devant Julianne Moore, Reilly ou Sandler. Ce respect des acteurs le rapproche d'ailleurs assez de quelqu'un comme Altman. On a le sentiment qu'il s'entoure bien souvent d'une troupe.

THERE WILL BE BLOOD de paul thomas anderson
Il voit le jour le 26 Juin 1970 et grandit dans la vallée de Los Angeles, à Laurel Canyon. Très jeune il se met à écrire des scénarios. A l'adolescence, il s'inspire de la vie de l'acteur porno John Holmes, pour réaliser un faux documentaire à la Zelig de Woody Allen, également très inspiré par Spinal tap. Il y raconte déjà la vie d'un personnage nommé Dirk Diggler. Beaucoup plus tard, il reprendra l'idée pour en faire son second long-métrage. Il est un cinéphile vorace, se nourrissant de toutes les influences. Le jeune homme forme son goût et ses références (nourrissant par exemple une grande admiration pour Jonathan Demme, réalisateur de Le Silence des agneaux). Il s'inscrit à l'université en section cinéma mais se fait renvoyer car il ne pouvait honorer les frais d'inscription. Il se forme sur le tas, dans des clips, des téléfilms, travaillant également pour la télévision (on en verra la réminiscence dans Magnolia).
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