

JAR CITY de baltasar kormakur
Pour beaucoup, la culture islandaise contemporaine ne doit se résumer qu'aux prestations musicales ou scéniques de la chanteuse polyvalente Björk ou du groupe expérimental Sigur Ros. Et ce pour la raison très simple et relativement légitime que très peu d'oeuvres ne parviennent à traverser l'océan Atlantique. Cependant, si le très réussi Jar City semble mettre en lumière une nouvelle alternative culturelle au cinéma, celui-ci se sera pourtant énormément développé durant le siècle dernier. Une évolution certes modeste compte tenu de la production mondiale mais plutôt impressionnante pour cette Terre des Glaces, pays totalement isolé et ayant eu son indépendance il y a à peine plus de soixante années. Car si le Danemark cèdera aux demandes du peuple islandais en 1944 -ce dernier étant frappé par l'abandon, les épidémies, la famine et les conditions climatiques épouvantables- on relate que le cinéma était déjà présent depuis quelques temps et ce malgré le coût excessif du matériel pour un pays comme celui-ci.
En effet, malgré toutes les épreuves, il semblerait que la population islandaise se soit toujours passionnée pour les cultures et l'art. Alors que le pays souffre de la misère, on voit apparaître dès le 2 novembre 1906 le tout premier théâtre cinématographique. S'il est étonnant de voir cette installation si tôt elle n'a pourtant rien de surprenant puisque le pays recèle de mythologies et d'histoires fabuleuses dont se nourrit la nation toujours affamée de nouvelles aventures. Tandis que le petit cinéma situé dans la capitale de Reykjavik projette les courts métrages qu'ils importent, la toute première production du pays sera un documentaire de trois minutes réalisé par le tout juste arrivé August Lind. Celui-ci d'origine danoise offrira donc au pays son tout premier film qui ne sera pas considéré comme une oeuvre véritablement nationale, tout comme les deux suivants The Story of the Borg Family en 1919 ou encore Hadda Padda qui suivra en 1923. Toujours produits par le Danemark grâce à la boîte de production Nordisk, il faudra attendre seulement quelques mois pour que le cinéma islandais naisse véritablement.

JAR CITY de baltasar kormakur
En cette année 1923, Loftur Gudmundsson tournera un métrage nommé The Story of Jon and Gvendur. Court et muet, le travail du réalisateur ne sera pourtant découvert que plusieurs années plus tard, en 1948. Les danois viendront beaucoup tourner entre temps, essentiellement des documentaires dont la plus grosse production de l'époque sera Island I Lifandi Myndum financée par Moving Pictures. Lorsque le court métrage de Gudmundsson est découvert, il est en fait proposé avec le premier long en couleur : Between Mountain and Shore qui marquera un vrai tournant dans l'histoire culturelle du pays. En dépit du succès national du film, seules deux autres créations seront exploitées durant les trente années suivantes : Girl Gogo par Erik Balling et The Red Mantle par Gabriel Axel, tous deux traditionnellement danois !
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