
JAR CITY
Un film de Baltasar Kormakur
Avec Ingvar Sigurdsson, Agusta Eva Erlendsdottir, Björn Hlynur Haraldsson
Durée : 1h34
Date de sortie : 10 septembre 2008

JAR CITY de baltasar kormakur
D'après le best-seller La cité des jarres de l'écrivain islandais Arnaldur Indridason, le cinéaste Baltasar Kormakur (101 Reykjavik, 2000) construit dans Jar city un thriller d'une grande maîtrise mêlant un ton morbide à un humour noir très froid. Sur la base d'un fait de société, la création en 2002 d'une base de données génétiques gérée par une entreprise privée qui fit débat dans le pays, le réalisateur repense la structure du roman en deux époques légèrement décalées dans le temps qui, au fur et à mesure du film, se rejoignent pour compléter un puzzle meurtrier passionnant. L'enquête minutieuse de l'inspecteur Erlendur (magnifique Ingvar Sigurdsson), creuse le passé du pays pour déterrer des vérités inavouables et des pratiques inexcusables. Convoquant à la fois les preuves matérielles des forfaits mais surtout le souvenir douloureux des survivants, la vérité peu à peu se fait jour. Une vérité pas toujours agréable à entendre mais qui curieusement éclaire des meurtres contemporains commis dans la région.

JAR CITY de baltasar kormakur
Avec Jar city, nous sommes loin des conventions du film de serial killer développé par le cinéma américain qui place une grande majorité de ses intrigues dans un environnement urbain saturé de violence. Ici au contraire, le théâtre des évènements se déploie de la ville vers la campagne islandaise profonde, une sorte de prairie déserte battue par les vents marins. Les longues routes qui zèbrent le paysage en témoignent, la population est rare et décimée. Sorte de bout du monde, l'inspecteur trouve enfin une piste de recherche dans un cimetière perdu entre deux dunes d'herbes avec pour arrière-plan une église énigmatique d'un village inexistant. Ce paysage est celui d'un autre temps, trente ans auparavant pour être exact, et seule une femme aux prédications mystérieuses semble déjà détenir la vérité. Face à cette conception presque romantique d'un paysage inhospitalier, le coeur de l'énigme se dévoile au contraire dans le lieu on ne peut plus technologiquement avancé du laboratoire génétique et, plus précisément, dans la salle de la collection des bocaux, cette fameuse cité des jarres qui compilent près de trois siècles de données biologiques de la population islandaise. Les morts, décidément plus bavards que les vivants, auront voix au chapitre pour le plus grand bonheur de l'inspecteur, peu sociable lui-même. Une Islande déserte et mutique pour un film d'enquête palpitant et décalé.
David A.
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JAR CITY : LE CINEMA ISLANDAISA l’occasion de la sortie du polar Jar City, nous avons tenté de nous plo... | ||







JAR CITY : LE CINEMA ISLANDAIS































