10 000 le film décrié de l'inégal
Roland Emmerich sort ces jours-ci en DVD. Oeuvre best of du réalisateur car renvoyant à l'intégralité de sa filmographie dans un capharnaüm improbable, la reconstitution de la préhistoire par l'auteur que l'on a déjà vu plus inspiré va pourtant nous offrir, au-delà de son statut de cinéma pop-corn, l'opportunité de faire un petit tour du côté de tous ces métrages fascinants qui se sont approchés de près ou de loin des éléments mésolithiques. Retour aussi rapide que la lance d'un chasseur de mammouth sur ces quelques films inattendus !

10 000 de roland emmerich
On aura tout entendu sur le complexe
10 000 du brave Emmerich qui nous signait, ni plus ni moins, le travail le plus décevant de sa filmographie vue l'étendue du talent du bonhomme. Film bâtard sans saveur, reconstitution sidérante, actionner statique et sous calmants, nanar déconcertant ou simple métrage raté, il semble que tout a été dit. Difficile malgré tout de réellement jeter la pierre ou le javelot au réalisateur qui nous propose le divertissement attendu avec, bien entendu, son lot de désillusions. Le spectacle est donc là, comme enquilosé par les mille et une idées de l'auteur qui compte bien mettre dans son aventure tout ce qui l'a toujours attiré dans cette ère des premiers balbutiements de la race humaine civilisée. Chasses héroïques, créatures aux dimensions terrifiantes, bestialité des comportements, espoirs de l'évolution, primates s'érigeant vers le savoir... Emmerich cale tout dans son
10 000 sans se poser la question de savoir si l'ensemble se tiendra ou pas et commet la première vraie faute qu'on retrouve souvent dans ce genre consacré à la préhistoire.

10 000 de roland emmerich
Car l'Allemand exilé aux Etats-Unis n'est, cela va de soi, pas le seul à s'être aventuré dans ce contexte historique : que ce soit des oeuvres intégralement dédiées à la période primaire ou juste un élément iconique replacé dans un autre contexte, les films tendant vers l'ère qui a tant intéressé le réalisateur de
ID4 sont légions. Si en 1914, McKay signe un petit film d'animation raffiné et consacré à Gertie le Dinosaure, c'est quasiment dès 1925 que l'on commence à vraiment observer les premières intentions puisque
le Monde Perdu, réalisé par Harry O. Hoyt, sera une première adaptation d'après le roman mythique de Arthur Conan Doyle écrit quelques treize années plus tôt. Au rendez vous, dinosaures à foison, décors préhistoriques et hommes primitifs que l'on retrouvera évidemment dans les multiples autres transpositions réalisées en 1960 par Irwin Allen (
La tour infernale ou
Lost in Space), en 1998 par Bob Keen (
Heartstopper) ou en 2001 par Stuart Orme. Suivi par le diptyque de Schoedsack consacré au singe géant en 1933 (
King Kong puis
le Fils de Kong) dans lequel le roi primate connaîtra maints affrontements contre des créatures de ce monde oublié, c'est en 1940 que les affaires reprennent avec la sortie de
Tumak, fils de la Jungle de Hal Roach père et fils. Contant la rencontre de deux tribus radicalement différentes, qui permettra à l'homme de s'éveiller grâce à l'amour interdit de Tumak et de Loana, jeune fille de la tribu du Coquillage. Le film malgré son côté oldies et cheap reste encore aujourd'hui une référence intéressante puisque brassant assez bien toutes les envies qui serviront au film d'Emmerich. D'ailleurs le titre original de
Tumak n'est autre que
One Million B.C. !