
Romain Le Vern 7
THE VISITOR
Un film de Thomas McCarthy
Avec Richard Jenkins, Hiam Abbass, Amir Arison, Anthony Blanco, Oliver Bokelberg, Jacqueline Brogan, Yevgeniy Dekhtyar
Durée : 1h43
Date de sortie : 29 Octobre 2008

THE VISITOR de thomas mccarthy
Professeur d'économie dans une université du Connecticut, Walter Vale, la soixantaine, a perdu son goût pour l'enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès. Lorsque l'Université l'envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu'un jeune couple s'est installé dans l'appartement qu'il possède là-bas : victimes d'une escroquerie immobilière, Tarek, d'origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise Zainab n'ont nulle part ailleurs où aller. D'abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui. Mais lorsque Tarek, immigré clandestin, est arrêté par la police dans le métro, puis menacé d'expulsion, Walter n'a d'autre choix que de tout mettre en oeuvre pour lui venir en aide...
Avec ses thèmes sociétaux et ses trémolos mélos (le deuil impossible, la renaissance de l'amour), The Visitor laisse craindre le pire dans le registre du précipité démago-consensuel. Surprise: il n'en est rien. Le film réussit une sorte de mini-exploit : parler de "grands thèmes" en échappant à tous les pièges attendus. Pourvu d'une capacité à tirer le meilleur de ses acteurs, Thomas McCarthy fait affleurer l'essentiel en ôtant tout le vernis superflu. Dans le milieu du cinéma indépendant US où certains cinéastes se contentent de recycler des formules calibrées (voir l'escroquerie artistique de Sunshine Cleaning, également en compétition à Deauville qui reprenait les éléments clefs de Little Miss Sunshine jusque dans le titre pour exploiter une recette efficace et gagnante), son talent n'a rien de surfait: à défaut d'être un immense réalisateur (la forme ne l'intéresse pas), ce cinéaste sculpte des âmes esseulées (qui ont besoin des autres pour survivre) et construit des récits humanistes qui ne reposent jamais sur des ficelles de petits malins. Chaque dialogue a son importance et chaque séquence semble mue par une forme d'urgence qui force les personnages à avancer.


















































