
L'ASSAILLANT
Un film de Pablo Fendrik
Avec Arturo Goetz, Barbara Lombardo, German De Silva, Guillermo Arengo, Maya Lesca
Durée : 1h07
Date de sortie : 08 octobre 2008

L'ASSAILLANT de pablo fendrik
Ne le cachons pas L'assaillant de Pablo Fendrik est avant tout un exercice de style, ou comment réaliser avec très peu de moyens financiers et en quelques jours de tournage un long-métrage. Coup de coeur de la Semaine de la Critique à Cannes en 2007 et mention spéciale du Cinéma en construction de Toulouse la même année, le film témoigne à la fois des qualités d'une toute première mise en scène que des défauts de celle-ci. Car l'intrigue est très mince et même la courte durée de ce long-métrage ne cache pas quelques longueurs et quelques développements narratifs aussi inutiles que redondants. Reste l'interprétation du comédien principal, Arturo Goetz, insaisissable dans ce rôle tout en dissimulation, et des audaces cinématographiques certaines lors de longs plans séquences très impressionnantes de rythme et de détails. Arpentant les couloirs et les pièces administratives des établissements, la caméra se faufile avec le personnage en devenant complice de ses larcins. La tension est alors palpable et l'imprévu guette à tout moment.

L'ASSAILLANT de pablo fendrik
La caméra colle au corps de l'acteur à un tel point que l'on traverse différentes sensations à son égard. Tout d'abord de la curiosité et de la surprise, de l'intérêt ensuite puis un certain dégoût tant son asocialité semble irrémédiable. Le point de vue du film est radical, traiter d'un événement de fait divers avec toute la banalité du quotidien, autrement dit contrevenir aux sacro-saintes lois cinématographiques de traiter l'événement de façon la plus spectaculaire possible. Ici point de spectacle, tout juste un oeilleton sur la journée d'un homme aculé. Pourtant ce traitement témoigne de ses limites, celles d'une rencontre improbable entre cet homme mûr et une jeune fille muette un peu trop curieuse, le film basculant alors dans une auto-contemplation rapidement ennuyeuse. Si l'on suivait à la trace le voleur insolent avec une attention toute acquise, l'ambiguïté de cette rencontre nous laisse froid et dubitatif. Rien ne sort et ne peut sortir de cet épisode sans intérêt. Par chance, Pablo Fendrik termine son film par une séquence salvatrice, celle du milieu socioprofessionnel de son personnage où, curieusement, après toute une journée passée à errer le long du gouffre, il récupère toute son humanité en quelques regards et quelques gestes. Un réalisateur à suivre sans aucun doute.
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