Quand
Ed Harris gratifie le spectateur de sa présence dans un métrage, c'est rarement une déception, en tout cas en ce qui concerne sa performance personnelle. Parce que si l'on s'attarde d'un peu plus près sur les films dans lesquels l'acteur a tourné, force est de constater que malgré une brillante carrière, certains titres n'échappent pas au jugement sans pitié de notre classe/pas classe. Un récapitulatif de la carrière de
Ed Harris qui ne revient pas cependant sur les films suivants, laissés à vos bons soins :
Life's a trip, Alamo Bay, Chicanos, Chasseur De Tetes, Jacknife, Les Saisons Du Coeur, Lune Rouge, Ma Meilleure Ennemie, La Surprise et
Le Complot.

a history of violence
A HISTORY OF VIOLENCE Très classe
Comme semble sous-tendre le film, il faut apprendre à ne pas se fier aux apparences. Sous un canevas a priori trop gentil pour le réalisateur de
Dead Zone, se profilent les ombres d'une oeuvre obsessionnelle, noire, cruelle dans laquelle Cronenberg met en exergue des questions essentielles sur la cellule familiale et le couple : connaît-on vraiment la personne qu'on aime ? Comment maintenir une harmonie lorsque le pire s'abat ? Comment se débarrasser de ses démons intérieurs ? Comment faire face à la violence, tout simplement... Entouré d'une équipe qui ne pouvait pas perdre (encore Peter Suschitzky en chef-op ; toujours Howard Shore à la zique...), David sonde finalement la bête qui somnole en nous et filme avec la même intensité un homme et une femme qui se donnent du plaisir sur un lit qu'un gangster qui bute sans vergogne une gamine. A chaque fois, il impressionne. Gravement. Surtout, c'est son film le plus drôle, le plus amoral, le plus violent et le plus triste depuis longtemps. Le plus pervers aussi, parce qu'il fonctionne comme un cercle vicieux. Il semble nous dire qu'on est tous le prédateur ou la proie de quelqu'un, mais qu'il y a rien de pire que d'être son propre ennemi.

apollo 13
APOLLO 13 Intergalactiquement Classe
La fresque historico-spatiale de
Ron Howard entraîne le spectateur au bout du suspense grâce à une réalisation privilégiant l'impression de proximité avec les personnages. L'émotion passe, comme Hollywood sait si bien la transmettre. Une histoire haletante, une bande originale de haute volée, des acteurs remarquables, tout ce qu'il faut pour nous nouer l'estomac de plaisir. Sauf qu'ici, la recette semble couler de source, et la force de cette oeuvre réside dans le fait que le spectateur n'a pas l'impression d'être manipulé, voire endoctriné, comme dans un film tel que
Armageddon dans le même style. Ici, l'émotion passe autrement que par un patriotisme exacerbé. Ce sont les peurs des personnages qui trouvent un écho chez le public, car elles sont sublimées par une mise en scène réaliste et un jeu d'acteur qui frôle la perfection.
Tom Hanks,
Kevin Bacon,
Bill Paxton,
Ed Harris, tous parviennent à transcender leur personnage.
Ron Howard signe là un de ses meilleurs longs-métrages, sans l'ombre d'un doute.