
JAOUI, BACRI : AU DELA DES APPARENCES
Tout sur PARLEZ-MOI DE LA PLUIE - La Critique - Photos - Le 2008-09-17 10:10:29
PARLEZ-MOI DE LA PLUIE de agnès jaoui
Abonné aux seconds rôles au début de sa carrière, Bacri a commencé assez tôt a écrire pour le théâtre. Mais c'est véritablement lorsqu'il rencontre l'actrice Agnès Jaoui, qu'ils imposent tous deux leur style. On entend parfois les pires clichés concernant leur oeuvre. Jean-Pierre Bacri serait par exemple un éternel râleur, misanthrope. Le raccourci est facile, Agnès Jaoui ou lui-même ne se privant jamais de relever l'idiotie d'une question, la vacuité d'une émission. Ce genre d'intransigeance et de franchise étant devenue rare dans notre univers artistique et médiatique assez lénifiant, leur réputation fut assez vite faite, ça évitait de penser et ça “faisait parler les cons” (pour reprendre l'expression de Jaoui dans On connaît la chanson). Alors le couple allait râler en recevant une récompense "avoir des revendications", refusant de “passer les plats” à la télévision, ce qui est tout à leur honneur. Car leur oeuvre est riche et multiple, raffinée et va bien au-delà de cette simplification grossière et commode. Ils nous plongent au coeur d'existences en crises, d'intériorités pétries de doutes et d'insatisfactions.
Du théâtre au cinéma
Dès leur première pièce adaptée au cinéma, c'est de cela qu'il s'agit. Zabou Breitman est une femme au foyer survoltée qui veut réussir le repas parfait après qu'elle ait invité un glorieux présentateur télé de sa connaissance. Mais tout tourne mal. Cuisine et dépendances est un film encore très marqué par le théâtre, par la mise en scène très conventionnelle adoptée par Philippe Muyl.

cuisine et dependances
Jean-Pierre Bacri vit chez ce couple bourgeois. Il est déprimé et cache son désespoir sous un cynisme et un mauvais esprit à toute épreuve (fort réjouissant en vérité, car il apparait comme celui qui perce l'hypocrisie de ses semblables à jour, même s'il ne fera aucun effort pour se rendre agréable ou vivre un moment d'insouciance). Arrive Darroussin, joueur invétéré et endetté jusqu'au cou. Toute l'action se passe en coulisses, hors de la “pompe” du diner, qui finit par apparaitre comme la mascarade qu'il est. La vérité éclate en cuisine, ainsi que les frustrations et les rancoeurs longtemps contenues, ainsi que l'envie éveillée par la gloriole de l'invité cathodique. Petit à petit, l'idéal bourgeois se fissure, les couples vont mal, ne se supportent plus (le pauvre Sam Karmann tente malgré tout de sauver les meubles et de ménager les sensibilités à vif). Cela va crescendo, dans des échanges d'abord anodins qui s'enveniment. Les masques tombent, les hostilités se révèlent, les souffrances également, alors que ce petit monde s'apprêtait à passer un moment bien sage et bien élevé. La compagne déçue de l'invité tant courtisé, c'est Agnès Jaoui, revenue de ce jeu de dupes, lassée de jouer la comédie de la réussite auprès d'un homme qui la néglige. Les personnages sont intimement liés, dans un huis clos qui, au fil des répliques acides ou drôles, dévoile les pensées profondes, les déchirures et les secrets.
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CINE : PARLEZ-MOI DE LA PLUIEUn film écrit et réalisé par le couple Agnès Jaoui / Jean-Pierre Bacri... | ||
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CINE : PARLEZ-MOI DE LA PLUIE




































