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CINE : DELIRE EXPRESS (PINEAPPLE EXPRESS)

CINE : DELIRE EXPRESS (PINEAPPLE EXPRESS)

Tout sur DELIRE EXPRESS - La Critique - Photos - Le 2008-09-17 07:49:04


Un stoner movie délirant qui donne envie de voir Judd Apatow continuer à produire des comédies aussi décomplexées et David Gordon Green varier les films qu’ils soient intimistes ou commerciaux.

Romain Le Vern 8
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Beaucoup de l'intérêt que l'on peut porter à ce Délire Express (Pineapple Express dans son titre US) vient avant tout de la présence d'un réalisateur très doué comme David Gordon Green aux commandes d'une production Judd Apatow. A priori, rien ne laissait présager une telle réunion de talents pour pimenter ce stoner movie où, pour résumer, des crétins sont eux-mêmes poursuivis par des crétins dans un monde de crétins. D'autant que DGG ne s'est jusqu'à présent illustré que dans du cinéma indie exigeant (George Washington, All the real girls et L'autre rive, trois films remarquables qui témoignaient de la sensibilité aiguë d'un vrai auteur). Apatow et sa bande profitent de ce paradoxe stimulant pour proposer leur produit le plus curieux - pas nécessairement le plus accessible - où la logique absurde devient la meilleure amie de la démesure burlesque. Ce n'est même plus la peine de fumer de l'herbe, le film l'a fait pour toi.

DELIRE EXPRESS
Un film de David Gordon Green
Avec Seth Rogen, James Franco, Amber Heard, Bill Hader, James Remar, Gary Cole, Danny R. McBride, Rosie Perez, Nora Dunn
Durée : 1h41
Date de sortie : 19 Novembre 2008



DELIRE EXPRESS de david gordon green - photo 2
DELIRE EXPRESS de david gordon green

A l'instar de quelques classiques du stoner movie comme Harold et Kumar chassent le burger et Half Baked, genre généralement adulé par des nerds en pamoison et auquel on a le droit d'être réfractaire, Délire Express prend les atours d'un buddy movie sous psychotrope qui atteint dès la première scène avec Bill Hader des sommets de drôlerie. La seule condition pour planer en même temps que les personnages, c'est d'être dans le trip (mieux vaut éviter de le voir seul) et comprendre qu'il n'y a pas grand-chose à comprendre. Dans le cas contraire, il est possible de s'y ennuyer très vite. Pour donner une idée à ceux qui ne connaissent pas ce registre, c'est un peu comme dans une bonne comédie débile des frères Coen (disons The Big Lebowski) où l'important n'est pas de chercher une cohérence dans l'intrigue mais plus de se mettre au niveau de celui qui assiste aux événements et guide la narration. De manière basique et inéluctable, on suit dans Délire Express deux gros consommateurs de drogue vaguement autistes qui vont être confrontés à des événements qui les dépassent et peut-être les métamorphosent, mais c'est toujours pour le fun. Entre les lignes, il s'agit d'un film de potes qui cite sans détour tout ce qui a nourri la culture des auteurs et balance des références à tout bout de champ.



DELIRE EXPRESS de david gordon green - photo 8
DELIRE EXPRESS de david gordon green

L'intérêt d'une telle production, c'est d'être vouée à la crétinerie la plus absolue. Conformément aux "règles" du stoner movie, les gags ne sont pas tous à se taper le cul par terre, essentiellement parce qu'ils résultent du délire des personnages et qu'il faut prendre le temps de s'attacher à ce qu'ils sont. L'intrigue aux tendances paranoïaques peut se résumer en une ligne de pitch (un loser joué par Seth Rogen, doit faire équipe avec son dealer, alias James Franco, pour fuir des tueurs implacables et une flic ripou). Les deux nigauds de protagonistes sont entourés de personnages secondaires qui ne les comprennent pas (la substance s'avère aussi accidentelle que vide). Et c'est tout. La bonne surprise, c'est que, par exemple, dans un genre voisin, Smiley Face, de Gregg Araki où l'on suivait les déboires d'une défoncée du bulbe (Anna Faris) ne poussait pas le bouchon aussi loin, surtout dans les répliques qui ici plaident pour la vulgarité crasso-marrante ("Smell it, it's like God's vagina"). Comme ce qui se passait dans Supergrave, En cloque, mode d'emploi et 40 ans toujours puceau, les ressorts comiques accentuent un mauvais goût de bon aloi et exacerbent in fine une tendresse assez touchante pour des caractères ingrats. La différence, ce sont des scènes d'action et une vague volonté d'organiser un thriller. Le sérieux de l'entreprise est néanmoins toujours désamorcé par le nonsensique.

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  • Romain Le Vern - 7
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