LE COIN DU CINEPHILE : A BIGGER SPLASH

a bigger splash
"Sans atteindre la puissance d'Edvard Munch, de Peter Watkins, qui reste certainement l'un des plus grands films sur la création et les affres meurtries qui en découlent, cette belle réflexion sur l'art propose un voyage parfaitement exaltant."
A bigger Splash aurait pu s'appeler « peindre ou faire l'amour » s'il ne faisait pas référence au titre d'un tableau signé Hockney en 67 où une personne (dont on ne voit ni le corps ni le visage) fait une «éclaboussure» en plongeant dans une piscine mystérieuse. Le film est à l'image du tableau et ressemble à une bulle bleue qui nous invite à tremper dans les eaux troubles de la création pour en disséquer le passionnant mécanisme. Il est né de la rupture entre David Hockney, artiste underground du Swinging London, et Peter Schlesinger, son modèle et amant de l'époque qu'il a rencontré à l'université. Et s'intéresse à l'artiste doucement narcissique (comme tous les artistes) qui essaye de terminer un tableau pour une exposition qui doit avoir lieu à New York. Ça deviendra sa création la plus célèbre, née de deux photos : l'un montrant un nageur dans une piscine d'Hollywood et l'autre, un personnage fixant indistinctement le sol. Dès les premières images, Jack Hazan a le bon goût de désamorcer le défilé de clichés hagiographiques en zigzagant chronologiquement pour que le spectateur adopte la confusion mentale du peintre. Et tant pis si c'est sinueux ou déroutant.

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D'un bout à l'autre, The Bigger Splash est un film qu'on admire plus qu'on ne l'aime. Avec la même aisance et le même refus de sensationnalisme, il alterne les scènes banales - où l'on assiste aux discussions de Hockney avec son entourage familier - et moments contemplatifs pimentés d'homoérotisme. Jack Hazan brouille le prosaïsme et la fantasmagorie sans faire de distinction. L'atmosphère monochrome et bleutée s'avère adéquate pour recomposer un univers en décomposition. Dans l'esprit de David Hockney, agité d'insatiables trépidations érotiques, l'amour est mort et la création artistique devient la seule ligne de fuite vitale.
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