
STARSHIP TROOPERS : LES USA PAR PAUL VERHOEVEN
Tout sur STARSHIP TROOPERS - Photos - Le 2008-09-25 04:36:08
STARSHIP TROOPERS de paul verhoeven
Sur la papier, ça donne ça : « Dans un futur lointain, les États de la Terre se sont regroupés au sein d'un État mondial, la Fédération, qui s'est étendue hors de la planète Terre et se trouve menacée par des insectes extraterrestres géants, qui lancent des attaques ponctuelles depuis leur planète baptisée Klendathu ». Truc classique et déjà vu ? A l'écran, ce serait oublier que Paul Verhoeven, spécialiste ès divertissements ricains sournois (Robocop, Basic Instinct, Showgirls) où le spectateur est renvoyé à son état de consommateur, de voyeur et de gros con, tient la caméra et qu'avant d'atterrir sur cette terre sainte, il a réalisé dans son Pays-Bas natal des objets totalement décomplexés où le sexe, la perversité, l'humour et l'amoralité tenaient une grande place. Sur Starship Troopers, pas de naïveté possible, on nage en plein cynisme. Quelques exégèses US ont eu la mauvaise idée de traîner plus bas que terre le Hollandais violent et de colporter l'idée selon laquelle Starship Troopers serait une oeuvre fascisante voire néo-nazie, sous prétexte que les militaires gradés du film portent des vêtements de la Gestapo. Une connerie de plus et ce serait arguer que les Américains sont incapables de voir l'image qu'on leur renvoie. L'image d'un fascisme rampant dans lequel ils se complaisent.

STARSHIP TROOPERS de paul verhoeven
Or, il faut surtout voir en Starship Troopers un film boomerang, pas fair-play, pas gentil, pas McDo, qui revisite le cinéma américain (comédie sentimentale, film de guerre, western). Qui rend autant hommage à Kubrick qu'à Beverly Hills 90210 (la culture est si vite digérée de nos jours que tout ressemble à n'importe quoi). Qui détruit Bush. En somme, qui grossit les poncifs pour mieux les détourner avec une intelligence empêchant le couplet anti-ricain primaire. Auquel cas le film se serait étouffé dans son propre rire. La bonne idée, c'est que toute la sève railleuse se situe dans les rouages du divertissement. L'utilisation des effets spéciaux qui ont pour mission de foutre la poudre aux yeux répond à une logique qu'on ne saisit que si on connaît le background du cinéaste. Les créatures deviennent inhumaines par le simple pouvoir du numérique. Comme toujours chez lui, on peut s'amuser des sous-entendus, ne serait-ce que lorsque les personnages prennent des douches collectives sans rien ressentir pour leur partenaire du sexe opposé. Les corps sont asexués, déshumanisés comme les effets numériques.
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