toutes les news BLOG A LA UNE : TONNERRE SOUS LES TROPIQUESSommaireCOURT A LA UNE : AVEC LA LANGUE
CINE : HARCELES

CINE : HARCELES

Tout sur HARCELES - La Critique - Photos - Le 2008-09-26 02:51:58


Faible à plus d'un titre, le film ne semble que pouvoir compter sur une mise en scène molle mais efficace et un Samuel L. Jackson à l'aise. Pour le reste, il ne subsiste qu'une sous-série B paresseuse et nauséabonde.

Vincent Martini 2
En savoir plus Ajoutez votre critique
Chris et Lisa, un jeune couple interracial, arrivent dans leur nouvelle maison de Lakeview Terrace, un quartier huppé de maisons bourgeoises dans le Sud de la Californie. Ils font très vite connaissance avec Abel Turner, leur voisin noir et policier zélé. Père célibataire de deux enfants, il attache une importance particulière à leur éducation et à la façon dont les choses doivent être. Chris et Lisa l'apprendront à leurs dépends, leur voisin voit d'un mauvais oeil le fait que lui, blanc de peau écoutant de la musique rap, fréquente une femme noire. Le couple, pourtant fortement fusionnel, commence à éprouver des différences de point à vue alors que leur voisin se fait de plus en plus oppressant voire menaçant. Policier de son état, ils ne peuvent faire appel à ses collègues, l'étau du harcèlement se refermant sur eux inexorablement.

HARCELES
Un film de Neil LaBute
Avec Samuel L. Jackson, Patrick Wilson, Kerry Washington, Jay Hernandez, Regine Nehy
Durée : 1h51
Date de sortie : 1er octobre 2008



HARCELES de neil labute - photo 1
HARCELES de neil labute

Si le film ne brille pas par son originalité, le moins que l'on puisse dire est qu'il se révèle d'une efficacité redoutable. Le cinéaste Neil LaBute évite le piège de faire reposer son long-métrage uniquement sur les épaules de sa vedette Samuel L. Jackson en donnant la possibilité aux deux autres comédiens, Patrick Wilson et Kenny Washington qui incarnent le couple, et également Regine Nehy, qui interprète elle la fille du policier, de donner le meilleur d'eux-mêmes dans certaines scènes très tendues. Terriblement ironique, strict et autoritaire, le rôle du policier sied à Samuel L. Jackson comme un gant, l'acteur poussant la nature raciste de son personnage dans le moindre geste, le moindre regard. Mais le film n'est pas seulement un thriller se développant autour du thème racial, c'est surtout le portrait d'une Amérique qui arrive à bout d'une logique communautaire, pas seulement centrée sur la couleur de la peau mais tout simplement une logique qui démontre ses limites sur le bien fondé du repli en groupe, ici la fameuse résidence privée Lakeview Terrace bientôt menacée par le feu dévorant les collines alentours.



HARCELES de neil labute - photo 12
HARCELES de neil labute

La figure du policier paraît tel le rempart de l'ordre et de la sécurité, un repère d'autant plus évident qu'Abel Turner effectue ses rondes dans le quartier tous les soirs, de manière officieuse. A une vision littérale du film, l'ennemi semble se profiler de tous les côtés, celui des quartiers pauvres en contrebas de la colline où vivent les enfants délinquants (que l'on ne verra jamais), celui de la nature menaçante lorsqu'elle envoie les flammes raser les environs, mais surtout du côté du quartier lui-même, c'est-à-dire de l'intérieur, en la personne du policier menaçant. Face à ces dangers, le couple tient bon. Pourtant le seul vrai spectre qui terrifie les tourtereaux est bien celui qu'il côtoie tous les jours et là se trouve la véritable conclusion du film, le repli sur soi ou en groupe ne permet pas de se protéger plus efficacement. Le traumatisme des attentas du 11 septembre a révélé combien les attaques pouvaient survenir non pas de l'extérieur mais aussi du propre territoire américain ayant pour conséquences de refermer le pays encore un peu plus aux échanges avec le monde. Un processus paranoïaque qui ne mène qu'à un isolement encore plus évident.



HARCELES de neil labute - photo 9
HARCELES de neil labute

La parabole de l'incendie qui dévore les environs et qui vient lécher les frontières du quartier trouve bien entendu un écho à la guerre actuelle en Irak, qui touche indirectement la population américaine. A plusieurs reprises Abel Turner indique combien ceux « d'en bas » sont dangereux et combien il compte faire du quartier de Lakeview Terrace un endroit sûr où élever ses enfants mais un jour où l'autre l'incendie, ou les tremblements de terre viendront peut-être briser l'harmonie et la tranquillité des résidences avoisinantes. L'on ne peut se couper totalement du monde, au risque de se faire rattraper par lui.

David A.

Retrouvez la galerie photos sur les pages suivantes...

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2] [p3] [p4] [p5]



Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami

Notez ce film

note des internautes :
7.0/10
(28 votes)

Les autres films

 
agenda cinema
 
blogs
 



box office

1

MADAGASCAR 2
entrées : 4 804 515 (5 semaines)




2

AUSTRALIA
entrées : 1 232 059 (2 semaines)




3

LARGO WINCH - LE FILM
entrées : 1 389 051 (3 semaines)




4

BURN AFTER READING
entrées : 1 238 548 (4 semaines)




5

THE SPIRIT
entrées : 174 687 (1 semaine)




6

TOUT... SAUF EN FAMILLE
entrées : 162 239 (1 semaine)




7

LES ENFANTS DE TIMPELBAC
entrées : 578 392 (3 semaines)




8

AGATHE CLERY
entrées : 1 178 928 (5 semaines)




9

HISTOIRES ENCHANTEES
entrées : 330 903 (2 semaines)




10

LE JOUR OU LA TERRE S'AR
entrées : 1 102 955 (4 semaines)