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DREAM, LE NOUVEAU KIM KI-DUK (EN DIRECT DE SAN SEBASTIAN)

DREAM, LE NOUVEAU KIM KI-DUK (EN DIRECT DE SAN SEBASTIAN)

Tout sur DREAM - Photos - Le 2008-12-08 08:55:20


Dream (Sad Dream), le quinzième long métrage de Kim Ki-Duk, a beaucoup fait parler de lui au dernier festival de San Sebastian, où il fut projeté en avant-première mondiale. Non seulement pour son contenu mais également pour son auteur, victime d'un accident de voiture (comme le personnage de son film) quelques jours avant de venir le présenter à la presse et aux premiers spectateurs. Ce qui a eu pour conséquence d'annuler toutes les interviews qui étaient prévues à l'avance avec lui. Il a néanmoins pris le soin d'organiser une vidéo-conférence en expliquant que Dream s'imposait comme une expérience, même pour ceux qui connaissaient son cinéma sur le bout des doigts. Il avait prévenu, il n'a pas menti. On sait depuis Time que Kim Ki-Duk a tourné une page en abandonnant ses obsessions aqueuses; en faisant parler des personnages qui jusque là se réfugiaient dans le mutisme; en explosant ses propres conventions - pour le meilleur. Avec son nouveau film, il livre une symphonie faite de situations ressassées et de variations brûlantes sur l'amour et expérimente comme un fou à travers un thriller romantique oscillant entre réalité et onirisme. Le spectateur se perd dans le même gouffre que les personnages qui ne savent plus distinguer ce qui relève du vrai et du faux. Une expérience déconcertante qui a beaucoup divisé lors de sa projection et explique sans doute son absence au palmarès (le jury ayant célébré des objets de cinéma plus consensuels). C'est tout le paradoxe KKD : l'impression d'évoluer, dans le silence, pour construire quelque chose de grand.



DREAM de kim ki-duk - photo 6
DREAM de kim ki-duk

Le réalisateur Kim Ki-Duk possède un parcours suffisamment atypique pour que chacun de ses films soit attendu comme le messie. Le moins que l'on puisse, c'est qu'il a rarement déçu - son seul accident reste L'arc qui, avec le recul, doit être perçu comme une oeuvre de transition entre l'ancien KKD (celui de Printemps, été, automne, hiver et printemps) et le nouveau (celui de Locataires et de Time). La dialectique, la morale appartiennent à son vocabulaire mais ses films échappent aux écueils didactiques et privilégient une poésie instinctive et simple, apaisante ou cruelle selon les humeurs. On pouvait ressentir son passé de peintre et d'esthète dans L'île, son chef-d'oeuvre, qui a largement contribué à la découverte de son cinéma en France. Depuis, KKD (comme on le surnomme affectueusement) a réalisé une dizaine de films qui ont marqué d'année en année une évolution hallucinante, ne serait-ce que dans la manière dont les personnages communiquent entre eux. Dans la liste, il faut distinguer Locataires, son film le plus accessible, où l'auteur réussissait à conquérir un nouveau public, naguère rétif à ses propositions de cinéma.



DREAM de kim ki-duk - photo 5
DREAM de kim ki-duk

Certaines de ses oeuvres, réalisées avant L'île, comme Crocodile, essai anecdotique hanté par les ombres tutélaires de Beineix et de Carax, restent inédits en France mais indiquent déjà la prédilection de l'artiste pour les événements du quotidien qui déraillent. C'est pour cette raison que Time est un film majeur dans sa filmographie. Parce qu'il résumait ces deux mouvances : une volonté d'être explicite à travers des dialogues très écrits et en même temps une détermination à laisser des zones d'ombre que le spectateur peut interpréter comme il le veut. Dream, son dernier qui sort début octobre en Corée du Sud, ressemble à une réponse à tous ces dérèglements stylistiques (peur de se répéter, volonté permanente de se renouveler). Le cinéaste y brouille la frontière entre ce qui relève de la réalité et de l'imaginaire en ouvrant plus de perspectives qu'il ne donne de solutions (ce qui peut générer une vraie frustration chez les cartésiens). En même temps, c'est une nouvelle occasion pour lui de proposer ce qu'il sait faire le mieux (raconter une histoire d'amour qui part d'un postulat singulier pour tendre à l'universel) et accomplir de vraies prouesses pour déterminer cet espace entre ce que les personnages disent et pensent (ce que KKD maîtrise de plus en plus). Ici, il mêle le texte et l'image, le sens et la sensation, l'abstraction et l'émotion.

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easton26 Kim ki duk    29 sep
 


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