
DREAM, LE NOUVEAU KIM KI-DUK (EN DIRECT DE SAN SEBASTIAN)
Tout sur DREAM - La Critique - Photos - Le 2008-12-08 08:55:20
DREAM de kim ki-duk
Le réalisateur Kim Ki-Duk possède un parcours suffisamment atypique pour que chacun de ses films soit attendu comme le messie. Le moins que l'on puisse, c'est qu'il a rarement déçu - son seul accident reste L'arc qui, avec le recul, doit être perçu comme une oeuvre de transition entre l'ancien KKD (celui de Printemps, été, automne, hiver et printemps) et le nouveau (celui de Locataires et de Time). La dialectique, la morale appartiennent à son vocabulaire mais ses films échappent aux écueils didactiques et privilégient une poésie instinctive et simple, apaisante ou cruelle selon les humeurs. On pouvait ressentir son passé de peintre et d'esthète dans L'île, son chef-d'oeuvre, qui a largement contribué à la découverte de son cinéma en France. Depuis, KKD (comme on le surnomme affectueusement) a réalisé une dizaine de films qui ont marqué d'année en année une évolution hallucinante, ne serait-ce que dans la manière dont les personnages communiquent entre eux. Dans la liste, il faut distinguer Locataires, son film le plus accessible, où l'auteur réussissait à conquérir un nouveau public, naguère rétif à ses propositions de cinéma.

DREAM de kim ki-duk
Certaines de ses oeuvres, réalisées avant L'île, comme Crocodile, essai anecdotique hanté par les ombres tutélaires de Beineix et de Carax, restent inédits en France mais indiquent déjà la prédilection de l'artiste pour les événements du quotidien qui déraillent. C'est pour cette raison que Time est un film majeur dans sa filmographie. Parce qu'il résumait ces deux mouvances : une volonté d'être explicite à travers des dialogues très écrits et en même temps une détermination à laisser des zones d'ombre que le spectateur peut interpréter comme il le veut. Dream, son dernier qui sort début octobre en Corée du Sud, ressemble à une réponse à tous ces dérèglements stylistiques (peur de se répéter, volonté permanente de se renouveler). Le cinéaste y brouille la frontière entre ce qui relève de la réalité et de l'imaginaire en ouvrant plus de perspectives qu'il ne donne de solutions (ce qui peut générer une vraie frustration chez les cartésiens). En même temps, c'est une nouvelle occasion pour lui de proposer ce qu'il sait faire le mieux (raconter une histoire d'amour qui part d'un postulat singulier pour tendre à l'universel) et accomplir de vraies prouesses pour déterminer cet espace entre ce que les personnages disent et pensent (ce que KKD maîtrise de plus en plus). Ici, il mêle le texte et l'image, le sens et la sensation, l'abstraction et l'émotion.








































