
Florent Kretz 6
APPALOOSA
Un film de Ed Harris
Avec Ed Harris, Viggo Mortensen, Renee Zellweger, Jeremy Irons, Lance Henriksen, Erik J. Bockemeier, Tom Bower, Mark Brooks, James Gammon, Ariadna Gil, Corby Griesenbeck, Timothy Spall
Durée : 1h54
Date de sortie : 1er Octobre 2008

APPALOOSA de ed harris
Cela faisait plus de cinq années que l'acteur Ed Harris ne s'était pas aventuré derrière une caméra. Cinq années, depuis sa biopic plutôt réussie autour du peintre Pollock, qu'il ne s'était pas penché sur un projet qui vaille la peine. Il ne s'est pas fait oublier pour autant puisqu'il s'illustrait avec plus ou moins d'inspiration chez Cronenberg, Affleck, Harlin ou Turteltaub dans des oeuvres méritant plus ou moins son implication. Mais ce qui retint véritablement son attention, c'est le roman de Robert B. Parker nommé Appaloosa et relatant à la fois une histoire typique du vieil Ouest mêlant amitié virile et duel au soleil, histoire d'amour passionnée et vengeance froide. Un bouquin découvert le temps d'un week-end équestre en famille, moment propice à la lecture de ruées vengeresses et romantiques. Passionné par l'ouvrage, Ed Harris se met en tête de réaliser une adaptation qui évoque la même ivresse que celle partagée grâce aux lignes de Parker.

APPALOOSA de ed harris
Mettant toutes les chances de son côté pour combler les difficultés que présente un projet aussi ambitieux en guise de second long métrage, il troque l'ambiguïté d'un peintre développée dans son précédent essai pour l'épopée hippique. Echange propice à maints risques, dont celui de s'égarer quelque part entre le portrait intimiste -d'où il part- et le spectacle de la grande époque du western -qu'il désire-. Casting prestigieux qui lui permet d'offrir aux personnages des faciès célèbres et célébrées et de les faire côtoyer, malgré tout, des trognes toutes aussi glorieuses mais peut-être plus proches du cinéma de genre. Cette richesse sera sans doute l'atour le plus alléchant du projet mais aussi sa grande qualité : tandis que les visages d'Irons, Mortensen et autre minois de Zellweger déambulent parmi des galeries de figurants choisis pour leurs gueules, ils croisent au détour de quelques séquences les figures aux traits géniaux de types comme Lance Henriksen, James Gammon ou encore Timothy Spall... Des vraies tronches pour des vrais seconds rôles qui tiennent la route et qui ne semblent être habités que par une seule essence, un seul but à la fois, la complexité n'étant jamais pour autant mise de côté.
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