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Tout sur VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER - Photos - Le 2008-10-02 04:04:55Samuel Benchetrit

VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER de michael cimino
Passage obligé dans la vie d'un cinéphile, monument incontestable d'une certaine forme de « cinéma vérité » mais surtout consécration d'un cinéaste monstrueux, Voyage au bout de l'enfer provoqua maints remous, à l'époque de sa sortie durant la fin des prolifiques 70‘s, mais aura su se montrer toujours aussi percutant et pertinent au fil des années. Retour rapide sur l'existence trouble d'une oeuvre mythique à la puissance métaphorique et viscérale incroyable.
Fait symptomatique illustrant parfaitement la nature ambiguë du film de Michael Cimino : alors qu'il suscita une véritable passion des médias lors de sa conception, tandis qu'il fut couronné d'une pléiade de prix qu'il méritait amplement et tout en connaissant une véritable acclamation du public, Voyage au bout de l'enfer se verra vigoureusement remis en question par plusieurs ligues d'anciens combattants et une grande partie de la presse américaine. C'est donc dans cette ambiance aigre-douce, mêlant la mise au pilori et l'adulation, qu'évolue le métrage, premier essai d'inscription du conflit dans une Amérique quotidienne, crédible et réaliste. D'ailleurs ce n'est pas cette mise en scène du drame vietnamien dans l'approche humaine et citadine qui dérangea, mais sans doute plus la vision simpliste et réductrice qui choqua les détracteurs : le fait d'aborder un événement extrême en ne s'attachant que sur un petit groupe, réduisant ainsi la complexité de la crise, donnera au film le droit d'être affilié aux oeuvres réactionnaires et racistes, l'utilisation de certaines scènes chocs et de la violence donnant toujours un peu plus de valeur aux critiques négatives.

VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER de michael cimino
De plus, par sa forme « rétrospective de guerre » traduite avec un langage cinématographique très classique et par son apparition dans la chronologie avant tous les Apocalypse Now, Rambo et autres films d'Oliver Stone, il se voyait légitimement attendu au tournant par une Amérique peu encline à se reprendre dans la face une image aussi sombre, si peu de temps après la fin historique. Pourtant, ce que fait le génial Cimino alors que ce n'est que son deuxième film, c'est trouver un vrai compromis entre une vision romancée -aussi épouvantable soit elle- et la dénonciation réaliste. Approche sombre et film au caractère négatif exceptionnel, son métrage en aura terrifié plus d'un...
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