
Anna Mouglalis dégage un charme envoûtant et mystérieux, une présence unique, un timbre de voix grave et sensuel, quelque chose d'un peu étrange, d'un peu décalé, qui fait qu'elle a la grâce d'une muse antique. Elle n'est pas une beauté conventionnelle, même si elle est devenue l'égérie de Chanel. Elle n'a pas le regard vide des mannequins, de ces poses étudiées et sans âme qui font le glamour cliché de photos archétypales. Son élégance est cinématographique. Son charisme total et harmonieux passe par le physique, le phrasé, mais surtout par les intériorités, souvent troubles et vénéneuses. Elle est comme une figure de femme fatale réinventée.
Samuel Benchetrit avec
, brisait un peu l'icône et lui donnait un peu de fantaisie, avec un bonheur certain. Elle était, grâce au cinéaste, une serveuse manipulatrice qui donnait des cours de braquage à Edouard Baer, se prêtait à un beau segment muet ou avait des paroles malheureuses sur la vieillesse devant une bande de gangsters vétérans qui revisitaient leurs souvenirs et envisageaient un dernier braquage. Pour honorer l'expérimentation passionnée de Benchetrit dans un film qui fait souvent songer à Jarmusch (sorti en DVD le 26 septembre), parcourons en images la carrière d'Anna la fascinante dans notre trombinoscope hebdomadaire.

anna mouglalis

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