
SOUDAIN L'ETE DERNIER : LES GRANDS CLASSIQUES
Tout sur Soudain l'été dernier - Photos - Le 2008-10-06 02:30:06
SOUDAIN L'éTé DERNIER de joseph l. mankiewicz
La pièce de Williams montée pour la première fois à Broadway en 1958 est adaptée au cinéma en 1960, produite par Sam Spiegel, réalisé par Mankiewicz (qui a déjà connu la gloire avec Eve, La Comtesse aux pieds nus et aurait la lourde tâche d'assurer la mise en scène de Cléopâtre). L'audace de l'oeuvre est ahurissante, ayant pour thème absolument tout ce que la bonne morale réprouve (la démence, les relations troubles et oedipiennes, l'homosexualité, la perversion et le cannibalisme). Pour donner corps à cette oeuvre il fallait des comédiens solides. Montgomery Clift est un jeune neurochirurgien qui exerce dans un hôpital public en mal de fonds. Katharine Hepburn est une riche veuve excentrique qui propose de financer ses recherches en échange de la lobotomie de sa nièce, Elizabeth Taylor, souffrant de « démence précoce », présentée comme un cas désespéré.
Avant d'effectuer cette opération dont il ne connaît pas les conséquences à long terme, le praticien enquête sur sa patiente et découvre de troubles secrets qui l'incitent à réfléchir. Il réalise vite que l'auguste Hepburn voue un culte maniaque à son fils Sebastian, disparu l'été de l'année précédente. Il était un poète qui exerçait autour de lui une grande fascination. Sa mère l'idolâtrait, prétendait mieux le comprendre que personne, le décrivant comme chaste et totalement voué à son art, auquel il s'adonnait d'une manière presque mystique et ascétique. Dès la première rencontre entre Clift et la grande dame, on sent qu'elle est une nature exaltée. Elle est totalement absorbée par son deuil et tente d'imposer à la postérité le génie raffiné de sa précieuse progéniture.

SOUDAIN L'éTé DERNIER de joseph l. mankiewicz
Mais elle n'était pas auprès de lui au moment de sa mort, elle ne formait plus avec lui cette union sacrée qu'elle évoque sans cesse: celle de « Violette et Sebastian », ne se présentant plus comme sa mère mais comme sa muse, prête à le suivre partout pour que son inspiration s'épanouisse sans gêne. Elle présente avec éloquence l'existence de son fils au bon docteur, qui se laisse fasciner par cette dame superbe que Katharine Hepburn portraiture d'une manière raffinée, presque aristocratique. Elle n'évoque que fugitivement sa nièce, qu'elle veut tout de même faire trépaner. Cette dernière était présente au moment de la mort du précieux poète et, depuis lors, déraisonne. On épouse totalement le point de vue de cette mère (que l'on sent excentrique et hystérique, mais on est chez Tennessee Williams...). Le portrait enflammé et idéalisé qu'elle fait de Sebastian, fait ressortir la noblesse et le raffinement de son cher disparu. On rencontre ensuite les parents de Liz Taylor (plus exactement sa mère et son frère), caricatures à l'accent sudiste tranché, vautours possédés par l'appât du gain. On partage le mépris de la grande Katharine et on est totalement sous son emprise, dans son étrange jardin, qui ressemble à une jungle un peu terrifiante. Elle vit dans une sorte de mausolée à la gloire du mort.





































