
LA TROUPE DE GUILLERMO DEL TORO
Tout sur HELLBOY 2 LES LEGIONS D'OR MAUDITES - La Critique - Photos - Le 2008-10-06 02:34:00
HELLBOY 2 LES LEGIONS D'OR MAUDITES de guillermo del toro
Ron Perlman
Ignoré avec insistance par les cadres des studios, pour ses traits peu communs qui ne cadrent avec aucune formule marketing, Ron Perlman doit en grande partie sa carrière à la fascination indéfectible que lui portent certains metteurs en scène parmi les plus « visuels ». Découvert par Jean-Jacques Annaud lors du casting préhistorique de La Guerre du Feu, ses traits rugueux apparaissent évidemment comme un atout pour les maquilleurs. Son aisance à jouer la comédie recouvert de prothèses va d'ailleurs en partie déterminer sa carrière, et beaucoup verront en lui une sorte de successeur lointain du grand Lon Chaney, lui aussi habitué aux rôles de « créatures » en tous genres. Convaincu par son art de la pantomime, sa grande expressivité faciale et sa voix très malléable (sur les plateaux, entre les prises, Perlman s'amuse à lancer des airs d'opéra de baryton tout en vous parlant avec la délicatesse d'un Lord anglais) Annaud l'exige à nouveau sur Le Nom de la rose, dans le rôle marquant et pathétique de l'arriéré Salvatore. Pourtant, ces deux productions internationales ne font pas grand bruit aux USA, et le public américain ne découvrira véritablement Ron Perlman que sous les traits de Vincent, le rôle-titre de la série à succès La Belle et la Bête. Maquillé par les artistes du studio de Rick Baker, Perlman y déploie tout le charisme dont il se sait capable sous ces maquillages et devient l'unique comédien de l'Histoire à avoir fait fondre le coeur des jeunes filles en interprétant un monstre en prime-time. Devenu entretemps une des coqueluches des fantasticophiles, il se voit offrir son premier leading-rôle au grand écran dans La Cité des enfants perdus de Caro et Jeunet. Rétrospectivement, on se demande qui d'autre que lui aurait pu incarner le très bédéphilique personnage de One, en demeurant crédible de bout en bout. Aussi conquis qu'Annaud, Jeunet imposera la présence de Perlman au casting de son Alien : la Résurrection (tandis qu'Annaud lui taillera un rôle sur mesure dans son ambitieux Stalingrad).

HELLBOY 2 LES LEGIONS D'OR MAUDITES de guillermo del toro
Pour son premier film Cronos, Guillermo Del Toro souhaite ardemment s'offrir les services de celui qu'il considère comme un icône du 7ème Art, et ce bien que ses finances (1,5 petits millions de dollars) soient limitées. Le cinéaste et le comédien se rencontrent dans un restaurant indien de Wilshire Boulevard, et c'est le coup de foudre immédiat. Perlman acceptera de se faire payer des clopinettes pour interpréter l'attachant Angel de la Guardia, assistant et ange gardien complexé par son nez. Vers 1998, Del Toro sécurise les droits de la bédé Hellboy et s'apprête à monter le projet chez Universal. Lui et l'auteur de la bédé Mike Mignola sont convaincus qu'Hellboy ne peut naître à l'écran que sous les traits de Ron Perlman, qui à la ville n'est d'ailleurs pas si éloigné du personnage. Mais ni les dirigeants de Universal, ni plus tard ceux de Columbia, n'imaginent Perlman ailleurs que dans des seconds-rôles éclair. La Columbia fait clairement savoir qu'elle désire plutôt Vin Diesel dans le rôle du démon des enfers (et elle le voudrait sans la couleur rouge... et si possible sans la queue... et puis éventuellement sans cornes non plus). Lorsqu'il tourne Blade 2 pour New Line, Del Toro en profite pour caser Perlman dans un second rôle et lui offre plusieurs moments-clés où il le filme et le cadre de la façon avec laquelle il envisage son futur Hellboy (c'est flagrant dans la scène de présentation du Blood Pack). Hélas, cela ne suffit pas à convaincre les studios et Del Toro devra à terme faire jouer son titre d'initiateur du projet et d'ayant droit pour qu'on le laisse faire. Si le complexe d'un comédien est de susciter le désir dans l'oeil des cinéastes, on peut dire que la carrière de Ron Perlman a été comblée de ce point de vue. Annaud, Jeunet et Del Toro le trouvent tout simplement beau ! Reste à convaincre les financiers et les magazines de cinéma que la cinégénie d'un acteur ne se mesure pas aux nombres de parfums qu'il fait vendre.
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CINE : HELLBOY 2 Passé la joie de l’instant, passé l’excitation et la satisfaction, on peut aussi... | ||
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