
Romain Le Vern 6
THE SKY CRAWLERS
Un film de Mamoru Oshii
Avec Rinko Kikuchi, Chiaki Kuriyama, Shosuke Tanihara
Durée : 2h01
Date de sortie : prochainement

THE SKY CRAWLERS de mamoru oshii
Autant prévenir : le nouveau Mamuro Oshii est un objet mineur qui ne possède pas l'envergure de ses meilleurs travaux mais traduit l'évolution d'un artiste en pleine possession de ses moyens. Au minimum. Après, on peut être déçu qu'il n'ait pas eu plus d'ambition pour le spectateur que de répéter des concepts, des notions, des idées et des intuitions éculés. L'action de The Sky Crawlers se déroule dans un espace hors du temps (ou plutôt comme si le temps était suspendu) : une base militaire dépeinte comme un purgatoire entre ciel et terre (synonymes de paradis et enfer). Là bas, errent des anges déchus, enrôlés pour se battre aux commandes d'avions de chasse. En réalité, ce sont des adolescents génétiquement conçus pour ne pas vieillir. Dans ce nouveau film d'animation, il y a autant l'expression d'une utopie (les guerres n'existent plus) que d'un malaise collectif (l'autodestruction contamine tous les personnages); et les angoisses provoquées par cette ambivalence se retrouvaient déjà toutes dans le roman de Mori Hiroshi.

THE SKY CRAWLERS de mamoru oshii
Selon une organisation très stricte, les parents commandent des batailles (les combats aériens se déroulent uniquement pour le spectacle en temps de paix et les ennemis demeurent invisibles) et les enfants, baptisés les Kildrens (réceptacles du massacre qui portent en eux les germes de l'innocence), les exécutent. S'ils sont décrits comme immortels, ces mômes sans âge peuvent néanmoins perdre la vie dans des combats. Parfois, ils ont d'étranges réminiscences, se souviennent de visages sans pouvoir poser de noms dessus et semblent prisonniers de rencontres étranges. Comme dans ses meilleurs films, Oshii crée une atmosphère de cauchemar éveillé et s'attache à des fantômes qui ne ressentent pas, n'éprouvent pas (à l'exception de la séquence de l'enterrement). Des êtres qui ressemblent aux machines de Ghost in the shell, ayant acquis un niveau de conscience tel qu'elles pouvaient s'incarner dans un corps aux cellules humaines. Mais Yuichi, le personnage principal de The Sky Crawlers (un pilote transféré sur la base de Kusanagi après avoir perdu la mémoire) évoque surtout celui d'Ghost in the shell 2 : Innocence, enfant spectral en plein cogito Descartien, issu de cette technologie moderne : son corps entier était fabriqué par des humains bien que des souvenirs évanescents, des réminiscences, des songes lui envoyaient le visage d'une femme.









































