
THE RETURN : SEANCE DE RATTRAPAGE
Tout sur THE RETURN - La Critique - Photos - Le 2008-10-07 03:11:52
THE RETURN de asif kapadia
Il y a des films comme celui-ci qui ne connaîtront jamais les joies de trouver leur public : épisode pathétique mais courant, certains se voient sacrifiés, on ne sait pourquoi, au profit de bandes beaucoup moins méritantes. C'est le cas de ce The Return qui se vit interdit d'une sortie décente, pris dans l'étrange et cruelle fournée qui sévissait en France en cette fin 2007. Depuis quelques mois déjà, les métrages fantastiques ou horrifiques les plus judicieux souffraient d'une distribution inadmissible. En témoignent les quelques martyrs de cette période déplorable : Halloween, Dead Silence et autre Eden Log sorti le même jour que le film de Kapadia, preuve d'une récession sidérante du genre porté par des auteurs. Car seuls les Saw 4 et autres Alien vs Predator Requiem furent portés aux sommets tandis que Je suis une légende faisait son boulot de rouleau compresseur huilé et téléguidé malgré une forme courageuse et réussie. Le seul qui parvint à se faire une place agréable et méritante fut le 30 jours de Nuit de David Slade qui renouvelait le langage Carpenterien d'une manière improbable et respectueuse en adaptant le comic book de Steve Niles. Mais revenons sur la sortie DVD de The Return qui se voit, même dans ce dossier, éclipsé par les autres. Petit film intelligent, courageux et marquant une véritable rupture avec le contexte dans lequel il essayait de s'extirper. Essayait seulement puisqu'il lui aura fallu plus d'un an pour atteindre nos côtes, le score décevant fait en novembre 2006 aux Etats-Unis n'encourageant pas les distributeurs à s'activer en France. Treize mois et une sortie technique plus tard, le thriller contemplatif et paranormal se lourde implacablement, ce qui condamne quasiment le film à un oubli à venir.

THE RETURN de asif kapadia
Regrettable tout de même puisque cet essai, dans lequel évolue la toujours craquante Sarah Michelle Gellar, est bien plus perspicace que ce qu'il en a l'air et aura su se poser en proposition troublante par sa forme. Usant d'une narration pour le moins classique et réutilisant une poésie visuelle et un langage cinématographique, The Return peut paraître moins surprenant et novateur que les autres oeuvres contemporaines. Desservi par un scénario alambiqué mais surtout par une vision générale schizophrène de la part de son réalisateur, le film se cherche entre enquête timidement fantastique, réminiscences fantasmagoriques ou dimension purement surnaturelle... En témoigne la présence, sur l'édition proposée ces jours-ci, d'une fin alternative beaucoup plus posée et romanesque prouvant l'indécision totale d'un Asif Kapadia complètement perdu face à la grosse machine américaine qui marque son baptême outre Atlantique. Plutôt doué, le jeune réalisateur britannique, qui après quelques courts remarqués avait tourné The Warrior -un film d'aventure dans l'Himalaya en guise de premier long en 2001- se voit à la tête de ce petit film censé être un moment de frousse pour les ados. Une chose est certaine malgré tout, c'est que ce dernier possède une vision bien à lui du script d'Adam Sussman et, avec l'aval de celui-ci, il se lance dans une interprétation somme toute plus sensible et narrativement convenue que les oeuvres estampillées cultures MTV qui pullulent. Radicalement opposé à l'idée de devoir se soumettre à une forme plus teen, il est bientôt soutenu par l'interprète principale qui représente à elle seule le caractère bankable du projet.
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