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ENTRETIEN AVEC FERNANDO MEIRELLES (BLINDNESS)

ENTRETIEN AVEC FERNANDO MEIRELLES (BLINDNESS)

Tout sur BLINDNESS - La Critique - Photos - Le 2008-10-08 15:11:01


Après une première expérience dans le domaine expérimental avec sa société de production Olhar Electronico, fondée par lui et ses amis, Fernando Meirelles se tourne dans les années quatre-vingt dans le domaine de la publicité. Les années quatre-vingt dix sont pour lui le commencement d'une carrière de réalisateur de long-métrage avec Menino maluquinho 2 : a aventura puis Domesticas. Mais c'est en 2002, que son nom traverse les frontières avec le film unanimement acclamé La cité de Dieu. Récompensé par l'oscar du meilleur réalisateur en 2004, il tourne ensuite The constant gardener d'après le livre de John Le Carré. Producteur de La cité des hommes sorti il y a peu sur les écrans français, nous nous sommes entretenus avec lui pour la sortie de son nouveau film, Blindness. Les propos qui suivent dévoilent certaines scènes du film.



BLINDNESS de fernando meirelles - photo 1
BLINDNESS de fernando meirelles

Votre film Blindness est l'adaptation du roman de José Saramago L'aveuglement, quelles sont les grandes différences entre le roman et son adaptation cinématographique et pourquoi vous êtes-vous parfois éloigné du texte original ?
En fait l'intrigue du roman et celle du film sont très proches. L'adaptation cinématographique est très fidèle en ce sens. La seule exception est celle de la dernière partie du film quand les personnages retournent dans la ville. Dans le roman, cette partie est beaucoup plus longue, les personnages traversent davantage d'expériences alors que dans le long-métrage, cette partie est plus succincte, plus directe. Tout le reste est très fidèle, il n'y a pas de véritables différences. Cependant le livre et le film sont des expériences totalement différentes, dans le livre vous suivez le narrateur, Saramago y est très ironique en tant que conteur, il commente tout ce qui se passe. Ces commentaires disparaissent bien entendu dans le film, vous ne suivez que les personnages et l'action. De ce point de vue, le film s'éloigne du roman.

Vous parliez du narrateur à l'instant, la version du film présentée à Cannes possédait justement plusieurs voix off dont certaines ont disparu sur la version d'exploitation...
Ces voix off n'étaient pas dans le scénario, j'ai demandé à Don McKellar le scénariste (qui joue par ailleurs le rôle du voleur dans le film. NDR) d'en rajouter lorsque j'ai commencé à monter le film. J'aimais bien ces quelques lignes supplémentaires mais ce n'était pas son cas. On a beaucoup discuté sur ce sujet sans jamais vraiment trancher la question. Et alors que la date butoir de Cannes s'approchait j'ai décidé de les inclure dans la version présentée au festival. Pour la petite anecdote, la première fois que j'ai vu mon film en entier, avec tous les éléments assemblés, ce fut la projection cannoise, en public ! Nous avons travaillé plus de seize heures par jours la semaine précédant le festival pour finir le film. En le regardant dans toute sa longueur, j'ai réalisé que ces voix off ne me plaisaient pas alors j'ai décidé de remixer le film, d'enlever une grande majorité de ces voix off qui, en quelque sorte, en disaient trop. Sans elles, le film est plus ouvert, moins directif. Quand vous avez une seule voix off, celle d'un narrateur, vous n'avez qu'une seule approche pour comprendre l'histoire. Avec plusieurs voix off, ce sont différents points de vue qui s'expriment, ce qui ouvre le film sur différentes perspectives mais il ne faut pas aller trop loin avec cela. Aujourd'hui, parce que l'on tourne en numérique, vous pouvez finir votre film la veille d'une projection. C'est le cas pour Le Che par exemple à Cannes aussi. Nous avons proposé une cassette car nous n'avions pas le temps de présenter une copie pellicule. Avec Le Che ils ont fait la même chose, ils ont remonté le film après le festival. Wong Kar-Wai aussi l'a fait avec My blueberry nights, il a carrément terminé son film le jour même de la projection !



BLINDNESS de fernando meirelles - photo 13
BLINDNESS de fernando meirelles

Wong Kar-Wai est un habitué de cette pratique, avec 2046, il avait même présenté une version workprint pas totalement terminée avant de décider de reprendre le tournage de quelques scènes...
Aujourd'hui la technologie nous permet vraiment de travailler le film jusqu'à la dernière minute. Pourtant dans ces conditions on n'a pas toujours le temps de réellement « penser » le film, de le réfléchir en prenant le soin de peser chaque choix. Il est bon de prendre du recul sur son travail, de prendre quelques jours de pause avant de revoir ce que l'on a fait et repérer les choses qui ne fonctionnent pas. A travailler dans l'urgence, il nous manque ce recul nécessaire. C'est pour cela qu'il nous a été nécessaire de reprendre quelques points sur Blindness.

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Cannes 2008, c’est parti, Le festival s’ouvre ce soir avec le nouveau film de
 
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tekhos sylvain seven    09 oct
sylvain seven SPOILER!!    09 oct
 


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