
RED
Un film de Trygve Allister Diesen, Lucky McKee
Avec Tom Sizemore, Robert Englund, Amanda Plummer
Date de sortie : prochainement ?

RED de trygve allister diesen, lucky mckee
Un vieil homme solitaire (Brian Cox) vit avec son chien dans une maison de campagne. Ce chien, qui s'appelle Red, est sa seule raison de vivre et la seule chose au monde qui le rattache à sa femme défunte. Alors qu'il pèche au bord de l'eau, sa quiétude est agressée par trois adolescents désoeuvrés. L'un d'eux sort un fusil et plombe le chien sous les yeux traumatisés de son maître. Sous le choc, il est bien décidé à retrouver les jeunes responsables pour leur faire payer. Oui mais comment ? S'ensuit une lente descente aux enfers qui va prendre des proportions inouïes dans la petite bourgade jusque là paisible. D'un bout à l'autre, Red fonctionne sur un rythme inerte, étrangement atone, comme endormi alors qu'il est censé se dérouler des événements intenses. Mais cette torpeur est moins un effet de style ou une volonté de minorer le suspense pour jouer la carte de la sobriété stylistique que le fruit d'une incompatibilité entre un cinéaste trop radical (Lucky McKee) et ses producteurs trop exigeants, bien décidés à ce que ce dernier respecte le cahier des charges.

RED de trygve allister diesen, lucky mckee
On ne peut pas s'empêcher de regarder Red sans penser à tout ce qui s'est passé en interne, en espérant néanmoins sauver quelques restes, comme ces beaux fondus au rouge. Pour cela, il faut se rattacher au casting. Brian Cox, acteur brillantissime, lui-même coproducteur de Red (il serait intéressant de savoir comment il est intervenu dans cette affaire de divergence artistique et s'il a soutenu McKee ou pas), donne une vraie consistance à son personnage de papy cowboy cabossé qui se complait aveuglément dans une vengeance pour sauver l'honneur de son chien et à travers lui tout ce qu'il incarne (le reste de sa famille, décimée par les vicissitudes). Une longue scène de confession où tout un pan de vie est résumé à travers un monologue éclaircit les motivations jusqu'au-boutistes de cet homme. Mais dès lors que l'on sort de ce portrait, les autres caractères n'ont pas de place pour exister et les acteurs ne peuvent pas les défendre même s'ils sont excellents. Tom Sizemore était idéal en père de famille flippant et lâchement cossu qui préfère défendre sa tribu (quitte à user de moyens douteux) plutôt que d'admettre la vérité. A l'écran, il n'a que quelques réparties banales à balancer derrière un bureau.









































