
THE CRAFT : LA MAGIE N'A JAMAIS ETE AUSSI SEXY
Tout sur DANGEREUSE ALLIANCE - Photos - Le 2008-10-08 09:27:45
DANGEREUSE ALLIANCE de andrew fleming
De manière assez improbable, Dangereuse Alliance fait partie des quelques métrages teen de la seconde moitié des années 90 qui auront le mieux vieilli. S'il y avait à boire et à manger à cette époque dans le marché des films pour ados branchés, il n'était pas forcément évident que, plus de dix ans plus tard, cet essai de drame existentiel pré pubère aux relents fantastiques soit toujours aussi sympathique... Et pourtant ! Force est de reconnaître que si certains tels que Mrs Tingle se sont pris le poids des années dans les dents baguées, ce petit moment dévoué aux pentacles et autres grigris aura plutôt bien évolué et se présente, aujourd'hui, comme l'un des moments les plus intéressants d'une époque houleuse durant laquelle Kevin Williamson sévissait sans pitié... Sans doute pour la simple raison que ce sera lui qui ouvrira officiellement l'ère du revival du frisson chez les jeunes. Car quand bien même on a tendance à citer Scream comme axe autour duquel se développera toutes l'imagerie teen ricaine du cinéma fantastique de fin de siècle, c'est bien The Craft qui aura fait le lien entre deux mondes radicalement différents. D'un côté, celui de la série adulescente misant sur les histoires de coeur de ses protagonistes et dont le plus légendaire représentant reste Beverly Hills. De l'autre, le film d'horreur qui se remet mal d'une fin d'années 80 plus ou moins parties en sucette malgré quelques titres aussi remarquables que le Simetierre de Mary Lambert ou Candyman de Bernard Rose. D'ailleurs, le genre semble tellement moribond que les producteurs redoutent de replonger les mains dans les baquets de sang et que cette Dangereuse Alliance est d'abord prévue comme radicalement différente. Développé par Peter Filardi -dont le titre le plus respectable de sa carrière aura été L'expérience Interdite réalisé par papy Schumacher-, il planche d'abord sur une variation pour gamines des Sorcières d'Eastwick.

DANGEREUSE ALLIANCE de andrew fleming
Désireux de raconter les soucis dramatiques que rencontrent les jeunes femmes quand l'acné et les menstruations font leurs premières apparitions, Filardi se voit vite fait dépossédé de son bébé qui ne débouche sur rien. Confié à Andrew Fleming qui s'était rabattu sur la comédie romantique vaguement échangiste Deux Garçons, une fille, trois possibilités après un petit film d'horreur calciné nommé Panics, les producteurs souhaitent bien que ce dernier en fasse un métrage un peu plus excitant que quelques lamentations ésotériques en pleurant les horreurs de la condition féminine. Ravi de pouvoir trouver un projet comme celui-ci qui puisse lui permettre de mêler les deux genres dans lesquels il s'était aventuré, Fleming se lance dans la lecture du papier de Filardi qui passe véritablement à côté du potentiel sous-jacent. Une carte blanche dans la poche, il rédige plusieurs versions d'un scénario plus ou moins hardcore mais, public visé oblige, toujours empli de cette sensibilité attrayante sur l'âge ingrat. Passionné par le sujet, il refuse catégoriquement de voir les films qui ont déjà été faits et préfère rencontrer de vraies sorcières pour découvrir la véritable nature du paganisme. Assisté par la grande prêtresse Pat Devin qui surveille de près les projets ésotériques depuis la caricature que fut Hocus Pocus, il parsème son métrage d'une multitude de références que seules les pratiquantes de la magie noire peuvent connaître. Associant histoires de coeur, de jalousies puériles et formules cabalistiques, sa vision plaît suffisamment aux pontes pour qu'on lui confie la réalisation du projet. Mais tout cela a un prix...





































