Né le 28 Octobre 1944, Michel Colucci, dit
Coluche, fait ses débuts au Café de la Gare, à Paris, dans les années 70, aux côtés de
Patrick Dewaere,
Miou-Miou ou bien encore
Henri Guybet. L'humoriste se rend ainsi très vite populaire avec son allure de "petit gros" au nez rouge, muni d'une salopette, dressant un personnage entre l'andouille et l'imbécile, avant d'interpréter des textes beaucoup plus virulents mais tout aussi drôles. Le succès est donc au rendez-vous, sur scène d'abord, avec ses célèbres sketches, du
Schmilblick à
La Publicité, en passant par
Les Cons ou bien encore
J'ai pas dit ça. Mais parallèlement, le clown tente de percer au cinéma et décroche ainsi de nombreux petits rôles face aux plus grands. Sa carrière ne fait alors que commencer...

coluche carriere
Sa première apparition sur grand écran date de 1969, dans un long métrage intitulé
Le Pistonné, sous la direction du grand
Claude Berri. Une rencontre essentielle dans la vie de l'humoriste, dans la mesure où le réalisateur le dirigera par la suite dans deux autres films, pas des moindres, et en produira cinq avec le comédien en tête d'affiche. Nous y reviendrons plus tard. Ici donc, Coluche interprète Marquand, un trouffion en manque de motivation. Sans véritablement marquer nos esprits, cette apparition de courte durée n'a finalement qu'une simple valeur historique, et le film, loin d'être une totale réussite, permet néanmoins à son metteur en scène de développer un style, inspiré une fois de plus par ses nombreux souvenirs de jeunesse. L'année suivante, l'humoriste se retrouve à l'affiche d'un film de
Georges Lautner,
Laisse aller... c'est une valse, qui lui permet surtout de rencontrer
Jean Yanne, mais aussi
Michel Constantin ou bien encore
Mireille Darc. Le comédien continue alors d'avancer pas à pas, mais il lui faudra encore attendre deux ans pour se voir offrir une grande séquence. En effet, nous le retrouvons en 1973 aux côtés des
Charlots, dans
Le Grand Bazar. La silhouette encore relativement mince, le costume chic, il fait face à
Gérard Rinaldi qui tente de lui vendre un appartement miteux. Dès lors, Coluche commence à installer son personnage d'imbécile heureux, avec une démarche raide et des mimiques de "coincé". Il commence ainsi à se faire remarquer, notamment par le metteur en scène du film,
Claude Zidi. Les deux larrons se retrouveront en effet à plusieurs reprises les années suivantes, pour le meilleur et surtout pour le rire ! Décidément, après Berri, le prénom "Claude" semble lui porter chance...

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S'en suivent quelques participations sans grand intérêt. On le retrouve ainsi au casting de
Themroc de
Claude Faraldo,
L'An 01 de
Jacques Doillon, ou bien encore
Elle court, elle court la banlieue de
Gérard Pirès. Cet enchainement de petits rôles permet donc à
Coluche de perfectionner ses réels talents de comédiens, tout en remplissant son carnet d'adresses. Et très vite, il obtient étonnamment un véritable premier rôle, dès 1975, aux côtés de
Jean Rochefort dans
Les vécés étaient fermés de l'intérieur. Réalisé par un
Patrice Leconte encore inconnu, le film est avant tout l'adaptation d'une bande dessinée de Marcel Gotlib. L'histoire raconte l'enquête extravagante menée par deux policiers sur un crime commis sans aucun mobile apparent. Cuisant échec au box-office, Rochefort nous rappelle d'ailleurs régulièrement qu'il considère ce film comme
«l'un des plus mauvais moments de sa carrière»; «les vécés étaient fermés de l'intérieur, et les portes des cinémas aussi...». Généralement considéré comme une transposition ratée, le film ne manque pourtant pas d'idées originales et de gags véritablement hilarants. Certes le manque de moyens se fait cruellement sentir mais l'ambiance bon enfant sauve en grande partie le film, l'amenant parfois au sommet de la parodie. Et même si l'humour ne vole pas très haut, sa simplicité nous permet néanmoins de garder un sourire constant. Par exemple, il devient impossible de résister au personnage dont le nom de famille est "Ordure", interpellé ensuite par Coluche lors d'un interrogatoire sévère :
"Tu vas parler, Ordure !". Les blagues s'enchainent donc à vitesse grand V, à tel point que les plus mauvaises sont rapidement effacées de notre mémoire par d'autres bien meilleures. En outre, Rochefort et
Coluche forment un duo magistral, constitué d'un meneur et d'un boulet, chacun étant parfaitement en phase avec son personnage. Nous regrettons encore l'absence d'une suite. Si Leconte et Rochefort se réconcilièrent quelques années plus tard en tournant bon nombre de films main dans la main, le réalisateur ne retravaillera en revanche jamais avec
Coluche. Faute de temps, très certainement... Méprisée à tort, l'oeuvre a aujourd'hui atteint le rang de film culte, et sa récente édition en DVD Collector lui rend entièrement justice ! Mieux vaut tard...