En cette période de récession écologique et de frein à la volonté de rouler libre se déroule malgré tout le mondial de l'automobile qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, continue de remporter un franc succès. A défaut de rouler, nous pouvons donc espérer nous ébahir devant des modèles aux lignes toujours plus félines mais aussi, car il faut bien admettre que les constructeurs, dans une volonté toujours d'actualité d'ailleurs d'augmentation de leurs carnets de commande, sont parvenus à nous surprendre et à offrir des modèles low cost au design agréable et respectueux de l'environnement, mot magique assaisonnant à outrance nos préoccupations actuelles mais restant indispensable pour un futur à la voiture ne rimant plus avec luxure mais seulement avec
an innocent pleasure. Cependant, pendant que nous simples mortels devons continuer à arpenter le bitume dans nos pots à yaourts, nos avatars de cinéma eux, réussissent à mener à bien leurs aventures au volant de bolides toujours plus innovants, toujours plus rutilants, toujours plus performants suscitant rêve et convoitise dans nos mirettes décidément sujettes à apprécier les belles choses...

cars
Force est de reconnaître que le 7ème art a depuis toujours su magnifier ce qui n'était pourtant au départ qu'un simple outil de remplacement à la carriole du père Ingalls, nonobstant une évolution certaine du support qui a commencé en toute logique comme simple moyen de transport pour terminer sur un personnage parfois à part entière du métrage avec ses objectifs et son propre système de valeurs. Ce dossier non exhaustif, et qui je l'espère entraînera de nombreuses propositions de compléments dans la partie post en bas de page se propose donc de brosser ce pan de l'histoire du cinéma à travers des voitures phares ou intimistes, mais ayant malgré tout eu leur part de succès dans le scénario ou l'exploitation du film auquel il appartient, réussissant parfois même la gageure d'éclipser les héros de chair et de sang pour leur propre calandre dans l'imaginaire populaire. De
Taxi à
Bond en passant par
Cars et
Christine, faites chauffer les moteurs et en route pour marquer de gomme des années de pellicule.
Ne nous leurrons pas. La voiture, dont la naissance est contemporaine de celle du cinéma, n'a longtemps été qu'un simple accessoire , vecteur de charme pour les séducteurs à la
Clark Gable, opportunité de se rendre d'un point A à un point B sans plus de fioritures mais laissant quand même la possibilité de quelques plans introspectif à l'image de celui du Psychose où la conscience de l'héroïne la travaille au corps ... cette image va longtemps lui coller aux jantes et il faut bien reconnaître qu'avant les années 60, il n'y aura pas à grand-chose à signaler de ce côté-là. Je défie d'ailleurs quiconque de me proposer plus d'une demi douzaines de modèles ayant pu le marquer avant cette période au cinéma.

goldfinger
Les années 1960 vont marquer un changement véritable dans la considération de cet objet du quotidien, permettant à la voiture de passer du statut de simple objet à celui d'extension du personnage de cinéma véritable, et ce grâce à l'arrivée de deux formidables licences :
Batman et
James Bond. Par
Batman, nous parlerons évidemment ici de la version de 1966 avec l'introduction de la fameuse Batmobile conduite alors par
Adam West. Cette dernière, pas encore personnage à part entière, permet tout de même de différencier le héros
Batman du milliardaire Bruce Wayne et possède son lot de gadgets efficaces pour lutter contre le crime, réussissant même l'exploit d'être assez en avance sur son temps. On est bien sûr encore loin des véhicules si particuliers mis en image par
Tim burton et la franchise animée des années 1990 mais cette voiture là, de par ses lignes particulières et un soupçon agressives marquent encore les esprits de tous les fans aujourd'hui. De toute manière, elle représente l'objet indispensable de tout
Batman's Movies au même titre que les jolies filles dans James Bond ... qui va lui aussi apporter un changement fondamental. Il est évident que pour Dr No et Bons baisers de Russie, le souvenir de la voiture bondienne soit tombée aux oubliettes, le fait principal relevant alors du personnage qui peut aisément se passer de sa voiture pour exister en tant que tel.
Batman 66 peut se vanter de surcroît de se baser sur une idée similaire. Enlevez leurs véhicules à ces deux héros, ils n'en restent pas moins des icônes fortes, empruntes de classe pour l'une et de culture malicieusement Kitch pour l'autre. Mais nous y reviendrons un peu plus tard.