
PAUL ANDERSON ET LES JEUX VIDEOS
Tout sur COURSE A LA MORT - La Critique - Photos - Le 2008-10-13 02:35:18
resident evil
Tout commence ainsi dès 1994, quand le jeune Paul réalise avec les moyens du bord son premier film, Shopping. Le récit dans un futur incertain de la lutte entre deux bandes rivales de voyous, dont le jeu préféré est de voler des voitures pour se lancer dans de dangereuses courses avant de finir en faisant le plus de dégâts possible. Un film dans lequel nous retrouvions une belle brochette d'acteurs alors inconnus, dont Sean Pertwee et Jason Isaacs qui allaient devenir des collaborateurs réguliers d'Anderson. De Sean Bean à Jonathan Pryce, en passant par Sadie Frost et même Jude Law, qui trouvait ici son premier grand rôle à la barbe d'une autre star en devenir, Ewan McGregor. Et, déjà, l'influence des jeux vidéos pouvait se sentir sur toute la longueur de ce métrage, ne serait-ce que dans le simple choix de situer l'action dans un univers de science-fiction, même très proche du nôtre (obligé au regard de la maigreur du budget). Une volonté scénaristique qui tend alors à dé-réaliser ce qui était quand même, à l'origine, un fait divers qui se déroulait régulièrement dans la ville de Newcastle où a grandi le réalisateur. Nous aurions donc pu avoir un film se contentant d'un cadre contemporain mais non, Paul W.S. Anderson choisit volontairement d'établir avec son récit une distanciation, similaire d'une certaine façon à celle que l'on connaît face à un jeu. Mais plus encore, c'est surtout le pur plaisir jouisseur de rouler à fond les ballons en ville, en détruisant tout ce qui rencontre votre route, qui établit la filiation. Les personnages du film ne font ni plus, ni moins que de transposer leurs jeux vidéos dans la réalité, et il se trouve qu'ils préfèrent Need for Speed - Hot poursuit 2 à Chase H.Q., tout comme Anderson qui profite de cette première oeuvre pour se faire plaisir et se défouler. Plutôt violent et gratuit, Shopping se voit ainsi interdit de projection dans certains coins du Royaume-Unis et ne connaît une carrière américaine que directement à la vidéo. Ce qui n'empêchera pas pour autant les responsables de New Line Cinema de remarquer l'évident goût d'Anderson pour les mondes vidéoludiques, et de lui proposer alors son premier film américain.

mortal kombat
Avec Mortal Kombat en 1995, Paul W.S. Anderson se retrouve pour la première fois aux commandes d'une adaptation directe. Celle d'un jeu de combat qu'il connaît bien pour s'y être pas mal usé les pouces, réputé pour ses personnages "réalistes" et sa violence et qui, bien évidemment, ne s'embarrassait aucunement d'avoir un scénario un tant soit peu consistant (en tout cas, les joueurs ne s'en sont jamais souciés). C'est que les jeux de l'époque n'étaient pas réputés pour leur sophistication à ce niveau-ci, ou alors il fallait chercher du côté des RPG difficilement adaptables, et Anderson de tenter alors de donner un peu de corps à l'entreprise, en calant sur la structure inévitable du tournoi ("Mortal Kombat" est en fait le nom d'un tournoi opposant les champions du Bien et du Mal pour déterminer le sort de notre univers) des intrigues et motivations pour ses personnages. Histoire d'étoffer un peu la chose. Las, ces tentatives de bonne volonté ne sont en rien aidées par un casting relativement moyen, exception faite de notre génial Christophe Lambert en hilarant Rayden, et nous laissent finalement nous concentrer sur les combats. Ce qui n'est pas plus mal tant ces derniers se montrent sympas, très bonnes prolongations du jeu vidéo de Midway dans la batterie d'effets spéciaux qui y sont consacrés. Scorpion et son "Come here !", l'impressionnant Goro magnifiquement animé, les grosses mandales qui envoient voltiger à cinq mètres,... le tout sur une musique technoïde restée gravée dans les mémoires. Paul W.S. Anderson avoue qu'il voulait avec ce film faire une sorte de croisement entre Operation Dragon et Jason et les argonautes, et s'est ainsi investi énormément dans la conception des SFX, travaillant auprès des artistes en infographie. Une première pour lui et une opportunité qu'il ne voulait pas gâcher, que ce soit au niveau de la pure réussite visuelle ou bien du respect à l'oeuvre originale. Mission réussie, le film n'étant pas un chef d'oeuvre (loin de là) mais se suivant malgré tout sympathiquement, comme un petit plaisir coupable et crétin. Usant au mieux de ses vingt millions de dollars de budget, il rencontre même un très beau succès dans les salles du monde entier, asseyant Anderson à Hollywood comme un spécialiste des jeux vidéos et de leur adaptation (il donnera d'ailleurs une conférence à ce sujet en 2006 au Hollywood & Games Summit).
[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7] [p8]
![]() | ||
MORTAL KOMBAT OU COMMENT FAIRE UN NANAR EN TROIS LECONSS’il est des films qui marquent une vie et la bouleversent, il en est d’autres q... | CINE : COURSE A LA MORTLorsque fut annoncée la mise en chantier d’un remake de Death race 2000, ... | |
![]() | |||
|
| ||








MORTAL KOMBAT OU COMMENT FAIRE UN NANAR EN TROIS LECONS
CINE : COURSE A LA MORT





































