
LES FILMS D'ANTICIPATION : AUTOPSIE DES PEURS MODERNES
Tout sur LA VIE DES AUTRES - La Critique - Photos - Le 2008-10-13 02:36:42
peurs modernes
Nous évoquions les films ayant au coeur de leurs préoccupations, de leurs peurs pourrions nous dire, le contrôle des citoyens par l'Etat. Le premier film à avoir en tête nous semble être le 1984 que réalisa Michael Radford d'après le livre prophétique de George Orwell. Il nous est décrit un monde inquiétant où l'Etat a un contrôle absolu sur tous les citoyens. Selon les besoins, l'Histoire est réécrite au ministère de la Vérité pour toujours rester conforme aux objectifs et idées actuels, des gens sont littéralement effacés, de nouvelles définitions sont imposées à des mots que deviennent dérangeant pour le « bon déroulement » de la vie des habitants de cette hypothétique ( ?) future Océania. Toute vie privée est inhibée, toute pensée personnelle est interdite, les moindres faits et gestes des concitoyens sont surveillés, avec une attention toute fraternelle bien sûr (qui en douterait ?), par le bien aimé leader Big Brother qui garde constamment l'oeil ouvert sur la vie de tous à travers des moniteurs géants installés chez chacun. Il est particulièrement intéressant d'indiquer que de telles hypothèses ont été émises aux débuts de la guerre froide en 1949, date de la publication du livre. Nous pouvons d'autant plus émettre l'hypothèse que la crainte d'un Etat totalitaire était à l'époque vive, Terry Gilliam ayant réalisé même pas une année plus tard Brazil qui présentait un contexte très proche et visiblement inspiré de l'oeuvre d'Orwell et de Kafka également.

peurs modernes
Autre lieu, autre époque, Minority Report, réalisé 18 ans plus tard présente des inquiétudes que l'on pourrait juger similaires. Année 2054. La technologie est désormais capable d'anticiper et de prévenir les meurtres avant qu'ils n'aient eu lieu. Encore une fois adapté d'un oeuvre littéraire, de Philip K.Dick cette fois-ci, l'intrigue met l'accent sur un des sujets de prédilection de l'auteur, à savoir l'intrusion d'une entité gouvernementale à l'intérieur du dernier recoin privé de l'homme : son espace psychique. Il n'est pas indiqué de manière explicite que l'Etat surveille constamment les activités des masses. Mais un système capable de modifier ce qui aurait du être le futur par l'analyse de ce qui est mentalement prémédité implique un niveau technologique capable de s'immiscer dans l'inconscient des personnes. Et de la surveillance à la manipulation, le pas n'est pas bien grand. Qu'il s'agisse ici d'une technologie au service d'une cause noble qui est de faire baisser la criminalité ne change rien au fait qu'on peut interpréter l'accès pour une organisation quelle qu'elle soit à des données « mentales » comme le viol du dernier rempart derrière lequel il était jusqu'alors possible de se réfugier. D'une part, le système s'avère contenir des failles. D'autre part, il se pose la question des conséquences prises à la légère compte tenu des enjeux et de la fiabilité aveugle vouée à ce système. C'est en effet stipulé clairement : comment juger quelqu'un sur un crime qu'il n'a pas encore commis mais qu'il a supposément prévu ? Il ne s'agit pas du futur si on l'empêche d'advenir et le déroulement de l'intrigue nous souligne l'existence de failles dans ces technologies de l'avenir censées améliorer le quotidien de tous. La parabole est intéressante dans le sens où elle appelle à la prudence lorsqu'il s'agit d'entreprendre des procédures non pas en se fiant mais en se soumettant aux données de la technologie.
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