

TOKYO ! de michel gondry, leos carax , bong joon ho
Le réalisateur Boon Jong-Ho s'est fait connaître en France avec Memories of Murder, son second long métrage sorti en 2004 dans l'Hexagone, sublime cauchemar parcouru d'un voile d'ambiguïté opaque qui sacrifiait autant à la gravité dramatique qu'à l'humour le plus surréaliste et clouait irrespectueusement au pilori les codes du polar. Sa réussite venait de ses qualités d'épure, de son originalité et surtout de l'aboutissement d'un script complexe, basé sur une histoire vraie, qui misait sur la perspicacité du spectateur sans faire montre de la moindre manipulation roublarde. En soi, un événement dans un registre où le spectaculaire a parfois tendance à prendre le pas sur la réflexion. Dès sa première scène (et The Host a confirmé la donne), il instillait une atmosphère doucereuse: dans un lieu agreste, des gamins turbulents s'amusaient sur une route déserte et enquiquinaient un inspecteur en route pour autopsier le cadavre d'une femme violée. En une simple séquence, Bong Joon-ho partait de la lumière pour basculer dans les ténèbres. Cette gradation était constante tout le long d'un film pessimiste, aussi spirituel que triste, fluctuant entre tragique et grotesque, errant entre parodie, comédie, satire, horreur, thriller social et suspense. Barking dogs never bite, son premier long directement sorti en DVD, n'était hélas pas de ce calibre et se résumait à un essai esthétisant et languissant sur un étudiant à la recherche d'un chien qui n'arrête pas d'aboyer dans un immeuble, avec des velléités formelles annonçant le grand cinéaste d'aujourd'hui.

the host
De la même façon que son successful Memories of Murder fréquentait tous les genres, The Host, son troisième long, se présentait à la fois comme un film de monstre, un mélodrame, une comédie sous acide et un pamphlet politique. En somme, un film mutant qui possédait le mauvais esprit hérité des mangas. Sa liberté d'expression (ce qu'il dit ouvertement ou à travers des symboles) et son identité visuelle (le sang gicle beaucoup) étaient telles qu'il n'aurait certainement pas sa place dans les contrées Hollywoodiennes. En brouillant les pistes, Bong Joon-Ho ne cherche pas une carrière exemplaire mais chacun de ses travaux témoignent de son ambition folle et révèlent le talent de celui qui est derrière la caméra. En l'occurence, un cinéaste sud-coréen né à la fin des années 60 qui ne se destine pas immédiatement au métier de réalisateur. Adolescent, il se découvre une passion pour le cinéma de genre US. Plus tard, il découvre pendant ses études à l'Université de Yonsei, où il suit des études de sociologie, le cinéma d'auteur et vénère Hou Hsiao-Hsien, Edward Yang, Shohei Imamura. Ces deux découvertes constitueront l'essence de son cinéma.
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CINE : TOKYOTokyo, film à sketches réunissant un trio de cinéastes passionnants (M... | ||
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CINE : TOKYO


































