
MEURTRE AU 43EME ETAGE : SORTIE D'UN CARPENTER INEDIT
Tout sur MEURTRE AU 43EME ETAGE - Photos - Le 2008-10-15 09:14:15
MEURTRE AU 43EME ETAGE de john carpenter
Meurtre au 43ème étage, dont le titre original est sans doute plus évocateur -Someone's watching me-, possède un double statut amusant. D'une part, il est l'un des travaux du maître qui aura été le plus vu mais surtout il correspond à la pièce la plus oubliée de sa filmographie ! Pourquoi ? Pour la simple raison que derrière ce titre alléchant se cache une oeuvre de jeunesse doublée d'un téléfilm diffusé à une heure de grande écoute le 29 novembre 1978 sur la chaîne NBC. Totalement inédit par la suite à part lors de quelques diffusions anonymes, le film du tout jeune Carpenter restera dans les archives de la Warner durant de longues années jusqu'à ce que, magie du commerce de DVD oblige, la maison de production se décide à fouiller dans ses annales... Ressorti au milieu d'un vieux Oliver Stone (The Hand) et d'un Craven (L'amie Mortelle), l'objet télévisuel aura donc connu les joies d'un recadrage et d'une présentation comme une oeuvre filmique rare retrouvée... Une certaine ironie puisqu'il ne s'agit en aucun cas d'un long métrage destiné aux salles obscures, proposition initiale de Carpenter à la production mais aussitôt recalée. Car à l'époque, le cinéaste ne rêve que de cinéma en panoramique, de films remarquables et extraordinaires comme ceux qu'il chérissait lorsqu'il était plus jeune. Malheureusement, et quoi qu'on en pense, le début de sa carrière ne sera pas aussi rose que ce que la légende laisse supposer.

MEURTRE AU 43EME ETAGE de john carpenter
Après un premier travail remarqué et sur lequel il était intervenu de manière polyvalente en 1970 (La résurrection de Bronco Billy : co-scénariste, chef opérateur, monteur...), suite à un premier long métrage scolaire qui, par une entourloupe juridique, se verra offrir une sortie salles et connaîtra une reconnaissance d'estime (Dark star), Carpenter ne réitère pas ses exploits précédents. Ou tout du moins, son film suivant ne sera pas tout de suite reconnu comme une réussite : malgré une implication incroyable, une mise en scène classique mais innovante et une approche réellement intéressante du medium, le jeune cinéaste se voit boudé par l'ensemble du public américain. Nous sommes fin 76 et Assaut ne parvient pas à trouver son public qui dénonce une vision soi-disant rétrograde. Seuls les britanniques trouvent leur compte dans cet hommage au Rio Bravo de Hawks et sollicitent le réalisateur et sa productrice Debra Hill à faire le déplacement en Europe. Découvrant les paysages grands-bretons, le metteur en scène continue à divaguer sur de futurs projets potentiels mais finalement, les réminiscences de l'échec de son bébé étant bien présentes, décide d'abandonner pour le moment l'histoire que lui inspire le brouillard planant au dessus de la Tamise. Bien décidé à devenir un jour un réalisateur reconnu, il vire ses idées utopistes qu'il se faisait du milieu et se met en tête d'arriver à son but par des voies détournées. Ainsi, il rentre sur Hollywood et commence à sacrifier quelques unes des histoires qui fourmillent en lui, devenant ainsi un scénariste assez apprécié à cette époque. Son titre de gloire durant cette période sera sans conteste la vente du script de Les Yeux de Laura Mars qui offrira au nom Carpenter une meilleure réputation dans les studios que celle de jeune auteur à l'ambition prétentieuse. Potassant quelques projets tels que la comédie romantique Zura Beach ou le western Blood River pour lequel il rencontre son idole John Wayne, il vivote durant quelques mois, pondant à la chaîne des scénarios qui ne seront parfois adaptés que plusieurs années après leurs rédactions.
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