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LA HORDE : INTERVIEW YANNICK DAHAN & BENJAMIN ROCHER

LA HORDE : INTERVIEW YANNICK DAHAN & BENJAMIN ROCHER

Tout sur LA HORDE - Photos - Le 2009-01-14 17:25:52


C'est dans un hangar désaffecté à l'Ile Saint-Denis que Yannick Dahan et Benjamin Rocher, réalisateurs de La Horde, tournent une scène cruciale de leur premier long métrage. Avec ce coup d'essai, ils espèrent de tout coeur donner un coup de pied dans la fourmilière du cinéma de genre français en réussissant un uppercut digne de Nid de guêpes de Florent Siri. L'histoire ? Quatre flics organisent la vendetta de leur mentor, mort pour avoir infiltré un gang de gangsters (des nigérians venus en France faire du business). Ces derniers sont barricadés dans une cité HLM désaffectée. Hors la loi, lesdits flics décident d'infiltrer le lieu pour les affronter. Au loin, le chaos envahit Paris et les zombies sèment la panique. Des mecs qui se détestent pour des raisons personnelles vont être obligés de s'unir pour lutter ensemble, dans le plus tendu des survival. Initialement, la mort du flic, à l'origine de l'enjeu dramatique, est racontée dans un court-métrage, Rivoallan, qui sert de prequel à La Horde. En direct du tournage, les deux cinéastes, armés de nobles ambitions, détaillent en exclusivité la nature de ce projet que l'on pourrait résumer selon eux en un mot : « bad-ass ».



nid de guepes  - photo 1
nid de guepes

Comment concrétise-t-on un projet pareil ?
Yannick Dahan : Nous avons un budget de 2 millions d'euros. C'est le budget d'A l'intérieur, un peu plus que celui de Frontières. Ça reste grosso modo dans le sillage de ceux alloués aux petits films de genre français. Quand tu regardes ces deux films, tu as cinq acteurs, ça se passe dans deux trois lieux différents. Nous, on a seize acteurs, des scènes de fusillade, des explosions, 300 zombies, des maquillages, des effets spéciaux numériques. En somme, on essaye de faire plus que ce que notre budget permet. Donc nous sommes très ambitieux dans ce que l'on souhaite faire. Il est encore trop tôt pour savoir ce qu'il en résultera. On est vraiment parti en étant inconscients : nous sommes de jeunes réalisateurs inexpérimentés, nous n'avons jamais fait de films avant. Au départ, on n'avait strictement aucune idée de combien de temps cela prenait pour réaliser un plan, aucune idée de la sécurité que nécessitait une scène de fusillade. Au lieu d'avoir peur et de ne rien essayer, on a décidé de tout faire comme des malades. Certains jours, on se disait que c'était cool parce qu'on arrivait à obtenir ce que l'on voulait. D'autres, on se disait que l'on n'y arriverait jamais donc on zappait pour avancer. En fait, nous nous sommes adaptés à la réalité tout en misant sur l'inconscience. On veut faire Terminator 2 avec le budget de Lady Chatterley et on fait ce qu'on peut.

Comment vous répartissez-vous les taches ?
Benjamin Rocher : On a chacun des univers et des sensibilités différentes. Professionnellement parlant, on fait tout ensemble. On a écrit ensemble, on découpe ensemble. Il n'y en a pas un qui s'occupe du scénario et l'autre de la mise en scène. Il n'y a ni une hiérarchie, ni une rupture aussi franches.
Yannick Dahan : Je suis plus grande gueule que Benjamin, donc pour diriger 300 figurants, je suis plus à l'aise. Ça me casse les couilles d'être derrière un combo... Je préfère être au milieu des acteurs pour tout casser et leur mimer des gestes. Benjamin est plus pointilleux que moi en technique par exemple. Il s'y connaît mille fois plus en termes d'effets spéciaux et s'occupe des toutes petites nuances qui rendent la scène plus intense.
Benjamin Rocher : Il peut arriver pendant le tournage que l'on n'ait pas la même vision de la scène, même si nous avons tout décidé avant, lors de l'écriture du scénario. On se concerte en trente secondes et très vite, on trouve un accord. Et si on ne trouve pas d'accord, alors on fait chacun sa prise. Au montage, on verra celle qui fonctionne le mieux. Mais ça arrive très rarement. Pour donner un exemple, il y a un travelling. Un personnage entre dans le champ, qui tourne la tête. Yannick va dire qu'il vaut mieux qu'il tourne la tête en fin de travelling alors que moi je vais chipoter en disant qu'il faut que ce soit deux secondes avant la fin du travelling. Que des nuances de ce genre-là. Pour deux secondes, on tourne deux plans différents.



LA HORDE de yannick dahan, benjamin rocher - photo 1
LA HORDE de yannick dahan, benjamin rocher

Avez-vous été confrontés à des difficultés ?
Benjamin Rocher : Pour être honnête, ce n'est pas un tournage facile. Mais vu le scénario de départ, ça ne pouvait pas être un tournage facile. On le savait dès la prépa. L'assistant réalisateur nous a prévenus que ça allait être le parcours du combattant et que c'était limite infaisable. On a fait des journées avec trois scènes où il y avait des maquillages, des fusillades. Un enfer sur terre. On est parti avec des tonnes d'envies et au final, on va à l'essentiel. Pour l'instant, on ne va pas se plaindre, on a réussi à tout rentrer comme on voulait. On a juste fait des sacrifices de plans très compliqués.
Yannick Dahan : Imagine, un personnage qui rentre dans le champ. Je fais un travelling avant avec la caméra qui remonte le long du mec, qui tourne autour et qui dévoile sa tête. Sur le papier, tu te dis que le plan va être mortel. Au bout de trois semaines de tournage, tu te rends compte qu'un plan pareil, il te faut un temps monstrueux pour le faire. Alors, tu te dis que tu vas plutôt faire une contre-plongée au ras du sol et tu vas laisser le mec entrer dans le champ plus simplement. Ça n'enlève rien à l'efficacité de la scène. Mais il faut savoir renoncer à des plans. Aujourd'hui, on voulait faire un plan compliqué (NDR. Une caméra qui longe la machette du héros), on l'a fait. Maintenant, en contrepartie de ce qui peut nous frustrer sur le tournage, on a un casting de ouf qui assure au-delà des espérances. Aurélien Recoing, Claude Perron, Eriq Ebouaney, Joe Prestia, Jean-Pierre Martins... Ils se sont lancés dans l'aventure avec le coeur à donf. Ces acteurs sont bons à la seconde prise. Ils restent jusqu'à huit heures du soir même lorsque les conditions sont éprouvantes, ils ne jouent pas les stars et nous font gagner du temps. En deux mots, un tournage est comme n'importe quelle histoire de communauté. On bosse ensemble pendant deux mois. Au départ, tu es super enthousiaste. Au bout de deux semaines, tout le monde a envie de se tirer dessus. Au bout de trois semaines, tout le monde se prend dans les bras et s'aime. Et à la fin du tournage, ce n'est qu'un au revoir. C'est comme toute aventure humaine. Je pense que je ne dirais pas mieux que les mecs qui font Koh-Lanta (il se marre). On est tous les jours avec les mêmes personnes pendant trois mois, quoi ! Ça passe par des cris, des larmes, de la joie...

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saebasan Le film le plus attendu pour 2009    04 nov
 
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