
LAS VEGAS : UN VRAI PERSONNAGE DE CINEMA
Tout sur JACKPOT - La Critique - Photos - Le 2008-11-10 11:15:42
JACKPOT de tom vaughan
Dès son rapide développement dans les années 30, dû à des lois fédérales favorables aux jeux d'argent (voire, dans certains comtés de l'Etat, à la prostitution), Las Vegas a acquis une réputation d'oasis luxuriante où tout était permis. Nombre d'entrepreneurs californiens, bientôt suivis par de puissants mafieux de la côte Est, ont débarqué dans cette vallée aride où une chaleur étouffante règne quasiment toute l'année, transformant un paysage désertique en destination de rêve, comme un mirage devenu réalité. Vegas n'est toutefois devenue Vegas qu'avec l'arrivée, sur les scènes des multiples clubs qui poussent alors comme des champignons, des stars d'Hollywood et de Broadway. Acteurs, chanteurs, meneuses de revues, comiques satiriques : entre deux cascades de machines de sous, les casinos accueillent ainsi pléthore de spectacles de divertissement, conscients qu'une table de poker ne suffirait pas à retenir un touriste lambda assez longtemps. Les années 50 voient naître les premiers grands complexes hôteliers, qui réunissent sous un même toit un ensemble d'activités attractives (et payantes, of course) : le Riviera, le Stardust, le Sahara, entre autres, sortent de terre. Déjà, Las Vegas devient un décor pittoresque pour les séries B tournées dans l'Etat voisin de Californie : la ville est un symbole d'évasion, de fête, mais aussi de perdition, là où les démons du jeu peuvent ruiner une vie.

ocean 11 1960
Le premier véritable succès cinématographique à planter ses caméras en plein Vegas n'est toutefois pas dépressif ou anecdotique : il rassemble sur un même écran tous les membres du Rat Pack, menés par l'une des éternelles emblèmes de la cité, Frank Sinatra. Lui et ses comparses (Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford), lorsqu'ils tournent L'inconnu de Las Vegas en 1960, sont déjà des habitués des lieux, puisqu'ils se produisent tous les soirs dans la grande salle du Sands Hotel, où se pressent alors tous les grandes stars et hommes politiques. Désinvolte, machiste, mais entraînant, ce tout premier Ocean's Eleven (titre original) mythifie déjà les casinos de la ville, que Sinatra et sa bande projettent de cambrioler. A l'époque, déjà, les relations tumultueuses entre « The Voice » et les pontes de la Mafia du New Jersey et de l'Illinois affolent les tabloïds, et donnent au downtown des allures de nouveau Chicago. Ce mariage incestueux entre showbiz et mafieux stimulera vite les scénaristes d'Hollywood, notamment pour le premier épisode de Le Parrain où apparaît le personnage de Johnny Fontane, un crooner en délicatesse avec les Corleone, clairement inspiré de la vie de Sinatra (qui avait effectivement reconnu avoir chanté lors de banquets de mariage pour certains chefs de clans).
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