
CINE : MES PLUS BELLES ANNEES
Tout sur MES PLUS BELLES ANNEES - La Critique - Photos - Le 2008-11-20 10:10:22MES PLUS BELLES ANNEES
Un film de Reshev Levy
Avec Michael Moshonov, Oshri Cohen, Ofer Schetcher, Yuval Scharf
Durée : 1h43
Date de sortie : 24 décembre 2008

MES PLUS BELLES ANNEES de reshef levy
Israël, début des années 80. Au sein de la grande famille Levy, le jeune Erez a tout pour être heureux. Partageant son temps entre le lycée, les copains, et les fêtes, il va être troublé par l'arrivée en ville de la belle Neta... A travers lui, découvrez l'histoire d'une famille unie comme les doigts de la main, au son des standards de l'époque...
Il s'appelle Erez, adolescent, il fait une connerie qui va lui coûter un énorme sentiment de culpabilité. Sa jeunesse, sa vie, ses amours, seront dictés par ce terrible secret... Mais il n'est pas seul dans cette famille. Il a quatre frères... Un faux jumeau beau gosse, un aîné indécis et deux petits monstres. Sa mère ne cache pas ses préférences, ni ses tendances politiques, un peu extrêmes. Elle voit grandir, au côté d'un mari présent mais discret, ses gosses mais ne répond pas aux archétypes de la mère juive. Et c'est ce qui fait la force du film. Authentique, simple et honnête, Mes plus belles années ne pousse jamais la caricature pour éveiller le rictus et de la même manière, il s'éprend de pudeur et de délicatesse dans les moments les plus graves. Privilégieant les ellipses aux longs discours, à l'instar de cette famille qui manque parfois de communication (l'apanage de toute communauté), le film parvient à passer du coq à l'âne sans jamais dérouter. La consistance est ailleurs. Elle est dans les sentiments, la présence de vieux amis et d'amours inavouées (Neta), l'évocation en filigrane de douleurs profondes et de cicatrices invisibles...

MES PLUS BELLES ANNEES de reshef levy
Le temps, s'il paraît donc élastique, est maîtrisé, calculé, décortiqué. Acteur principal de cette chronique, il fait et défait les relations, construit des personages à peine esquissés au départ et s'il évite les surprises et rebondissements lorsqu'il déroule l'intrigue qu'il raconte, il n'en reste pas moins fascinant. On vieillit, on tombe malade, on trahit ceux qu'on aime le plus au monde, on meurt mais au final le lien du sang parvient parfois à transcender les pires désillusions.
Jouant la carte de la nostalgie avec une bande-sonore juke-box émouvante et toujours à propos, le cinéaste s'empare de nos souvenirs pour nous projeter du Gilbert o'Sullivan et autres Come on Eileen, comme des piqûres de rappel d'une époque révolue et innocente... Ces années 1980, dans ce qu'elles ont de révolutionnaire et décisif servent alors d'excellente toile de fond pour ce récit où les intérêts de chacun se rapprochent parfois autour d'une noble cause ou, plus simplement, pleine de tendresse... Une petite surprise en cette fin d'année morose qui, sans révolutionner le genre de la chronique familiale, s'offre volontiers une petite place dans notre coeur. Ca réchauffe et c'est déjà beaucoup...
Kevin Dutot
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