
Jean-Baptiste Guegan 6
N'DJAMENA CITY
Un film de Issa Serge Coelo
Avec Youssouf Djaoro, Billy Joséphine, Adama Rahama, Felkissam Mahamat
Durée : 1h30
Date de sortie : 24 décembre 2008

N'DJAMENA CITY de issa serge coelo
N'Djamena City ou l'histoire politique du Tchad d'Hissen Habré
« C'est un devoir de mémoire adressé aux victimes des abus et des dérives totalitaires, aux spectateurs, aux historiens, mais aussi aux simples citoyens. Nous espérons ainsi que le travail de deuil puisse être facilité à travers des films ou des oeuvres audiovisuelles. »
Issa Serge Coelo, réalisateur de N'Djamena City
Adoum est un jeune journaliste tchadien prêt à partir pour la Belgique quand il est arrêté par la police et accusé d'être un activiste politique. Emprisonné et torturé par le redouté Koulbou à l'instar de dizaines d'autres innocents, il va pourtant réussir à s'échapper et à fuir, accompagné de la seconde compagne de ce dernier...
En dénonçant l'histoire du régime qui ensanglanta le Tchad durant les années 1980 et suivante, Issa Serge Coelo s'inscrit dans une tradition politique chère au cinéma, celle des brûlots politiques. Ainsi, le jeune cinéaste qu'il est montre-t-il la violence de ces années et les différences de subtilité entre plusieurs formes de torture avec une acuité marquée. Excluant de fait, toute pudeur, la visée est frontale et l'on n'échappe pas à un récit plus qu'appuyé de ce qui arrive ou pourrait arriver à Adoum s'il s'entête à ne révéler une culpabilité qui n'est pas sienne. Dès lors, usant du cinéma comme d'un révélateur et d'un formidable amplificateur, celui à qui l'on doit Daresalam, insiste et ne cesse de renouveler ses attaques par personnages interposées. Et cela sans la moindre fausse polémique possible au regard des crimes commis par ce pays stratégique et ceux qui l'ont dirigé.

N'DJAMENA CITY de issa serge coelo
Vibrant de l'émotion que suscite la dénonciation d'abjections que l'on pensait réservées à des dictatures d'un autre temps, N'Djamena City touche et remue par sa profonde sincérité. De surcroît, en explorant le passé de son propre pays, le cinéaste opère un retour sur soi et sur la mémoire des siens qui dépasse le simple récit. L'envie de creuser et la nécessité d'approfondir l'histoire tue d'un peuple en souffrance de démocratie et de droits sont ici fondamentales. Et c'est justement là que réside la principale force du film d'Issa Serge Coelo. Mais aussi la raison première de ses propres faiblesses.





































