

LONESOME DOVE de simon wincer
Lonesome Dove est l'un de ces grands moments qui passionna les spectateurs américains, la représentation héroïque et réaliste de ses figures d'autrefois se faisant plus qu'alléchante. Interprétés par des gueules, des vraies, des mecs avec du vécu, porté par un casting somptueux, la reconstitution basée sur le roman de Larry McMurtry (Le secret de Brokeback Mountain) avait déchaîné les passions. Sans doute aussi, outre l'interprétation, par la qualité formelle artistique et la maîtrise du récit employée. Mais soyons certains que le choix de comédiens aussi proches de leur histoire que sont Robert Duvall, Chris Cooper ou Danny Glover n'est pas étranger à tout cela. Pourtant, beaucoup plus discret que les actes patriotiques d'un Glover, par exemple, ultra actif sur le sujet de la parité raciale, un autre personnage attire notre attention. Car même si ses prononciations convaincues envers les démocrates et son amitié avec Al Gore furent médiatisées, Tommy Lee Jones est du genre réservé.

LONESOME DOVE de simon wincer
A la vue d'une filmographie riche mais s'étant révélée au grand public sur le tard, Tommy Lee Jones n'entretient pas forcément un rapport flagrant avec l'histoire du vieil Ouest : on aurait même, peut être, plus tendance à l'affilier dans un registre ouvertement intemporel et pro-américain tant ses prestations dans des films tels que JFK ou Dans la vallée d'Elah dernièrement sont dans la continuité logique d'un portrait de l'Amérique du XXème siècle. Pourtant, de par ses origines, sa culture ou même quelques uns de ses rôles les plus marquants, il incarne véritablement l'un des derniers grands cow-boys du cinéma. Aux cotés de Clint Eastwood bien entendu, tous les Charles Bronson, James Coburn, John Wayne, et autres Cooper, Palance, Marvin (et tant d'autres...) étant partis depuis bien longtemps. Au final, ils sont rares ceux dont les parents et les grands parents auront vécu ces périodes de chaos et d'aventures... Qui reste-t-il? Duvall, Hackman... Et ce ne sont pas les tentatives glorieuses et sincères d'un Kevin Costner, fasciné par le folklore qui parviendront à faire le point face au vécu des mentors. Jones n'a donc en aucun cas l'importance d'un Eastwood dans l'histoire cinématographique du western. Mais force est de constater que son attitude, son évidente éthique tient bien de la vieille Amérique. Et en ce sens, les rares oeuvres dans lesquelles il s'employa sont significatives d'une page qui se tourne : en témoigne ces personnages vieillissant et se confrontant à des souvenirs amenés à disparaître.
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