

LONESOME DOVE de simon wincer
Lonesome Dove, lorsqu'il sort en 1989, fait office de bol d'air frais pour les américains. Car si les Etats-Unis ont été largement ébranlés par quelques crises non négligeables que sont la guerre du Vietnam ou la crise du Watergate par exemple, il faut compter sur la politique du président Reagan qui, dans les années 80, tente de redorer le blason de son pays. Le remettant moralement et économiquement sur pied, il axe aussi son discours envers son peuple en initiant un retour de fierté et une rengaine patriotique. Assurant la fierté de son pays et de son histoire, l'américain moyen se passionne à nouveau pour les convictions populaires à la limite du chauvinisme. Toute l'Amérique se relève et, culturellement, les diatribes dénonciatrices s'amoindrissent légèrement pour faire place à un rappel des grandes dates historiques, moments sur lesquels devront se rattacher les citoyens pour faire renaître leur nationalisme enfoui. C'est dans cette période qu'apparaît l'adaptation du roman ayant obtenu le prix Pulitzer. Et si le spectateur s'émerveille généralement sur des fictions, il s'extase littéralement sur les aventures extraordinaires qu'auront connu les ancêtres : fondement primordial et quasi unique de la mémoire collective américaine, la conquête de l'Ouest sacralise a elle toute seule une idéologie. Logique alors que le public se rue en masse pour découvrir les aventures de ces hommes courageux, valeureux et aux morales sincères et fidèles qui affrontent mille dangers pour sauver un idéal. D'autant plus passionnant que la trame fictionnelle narre des exploits proches dans le temps : moins d'un siècle sépare les familles vautrées dans le canapé des cavaliers fondateurs !

LONESOME DOVE de simon wincer
D'ailleurs, si le western bouleversera tant le cinéma américain et donc son public, c'est avant tout pour les raisons de son existence même. Maintes fois expliquées avec brio par des personnes comme André Bazin ou le spécialiste du genre Jean Louis Rieupeyrout, la naissance du western coïncide avec les dernières années historiques de la conquête de l'Ouest. Alors que le cinéma se développe progressivement et dévoile, chez les auteurs d'Outre Atlantique, quelques images inspirées des jeunesses ou des légendes transmises par tradition familiale, les vrais pionniers disparaissent pour laisser place aux premières générations de sédentarisme. Ainsi, à peine quelques générations (deux tout au plus) ne séparent le spectateur des inspirateurs : l'âme profondément aventurier et libertaire des conquérants perdurent quelques années encore au travers des fresques et autres retranscriptions filmiques. Les films de DeMille, Walsh ou Ford, dans un premier temps, se font les courageux successeurs d'une idéologie dédié à la liberté, au risque même de s'y opposer en l'imposant. Malheureusement, ces fictions distrayantes perdent un peu de leur authenticité et, pour une multitude de causes aidant, le genre semble oublier sa nature et sa propre raison d'être. Se redéfinissant pour perdurer, le western change de face à chaque nouvelle génération séparant l'imagination de l'historique. L'allégorie justificative prend bientôt tant de place que la naïveté et la spontanéité des enfants de pionniers s'éclipse, une seconde fois, pour la grandeur froide de ce que l'on nomme le western crépusculaire.
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TOMMY LEE JONES : LE DERNIER COWBOY ?






























