

SATAN'S BLOOD de carlos puerto
"A l'arrivée, et c'est la grande réussite du film, le spectateur est dans le même état de fascination que les personnages et il a envie de voir ce couple trop lisse se perdre dans les bras (et les griffes) d'un autre, pas lisse du tout."
Il faut avoir vu l'introduction choc de Satan's blood qui sert de pré-générique. Il faut avoir vu ce vieux spécialiste de l'occulte, grimé comme José Mojica Marins - sans les ongles de Coffin Joe -, qui raconte et prouve sous nos yeux ébahis que le mal existe. Ainsi, le réalisateur Carlos Puerto prévient que son film sera aussi affranchi que l'époque dans laquelle il a été réalisée (fin des années 70, Movida, fin du Franquisme, libération des moeurs) avec deux éléments poussés à leur extrême : le sexe et la violence. Sexe tout d'abord avec ce vieux dégueulasse (le mal) qui profite voluptueusement les seins d'une frêle innocente (le bien) sur le point d'être sacrifiée. A ce sujet, sacré mélange sexuel - et sexy - de la beauté presque virginale et de la laideur quasi-repoussante. Violence ensuite avec les effluves de sang et les rites démoniaques savamment murmurés.

SATAN'S BLOOD de carlos puerto
Une séquence marquante qui sert d'avertissement : ce que nous allons voir ne va pas ressembler aux autres films du genre. D'accord, les films sur la sorcellerie, il en existe beaucoup, mais autant de sexe et autant de gore, pas sûr. Vient le moment de poser l'histoire (le contexte, les personnages). Ainsi, un gentil couple qui promène son berger-allemand parce qu'il n'a rien d'autre à foutre et qui s'enlise dans une routine du genre pâteuse. Le bonheur, ça tue. En bagnole, monsieur et madame se font arrêter à un carrefour par un autre couple, aussi souriant que très bizarre. Le mari assure qu'il connaît le monsieur depuis des lustres mais ce dernier ne s'en souvient pas. Histoire de leur faire comprendre qu'ils sont bien en train de se faire entuber, il leur propose - avec son même sourire plein de dents - de les suivre dans leur villa à mille lieux du cirque urbain, pour célébrer ces retrouvailles jamais commencées. Crédule, le couple accepte, serpente les routes de campagne, s'éloigne du monde et pénètre dans l'antre rempli de grigris, de livres ésotériques et de poupées inquiétantes. Y a un problème ? Y a un problème.
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