
CINE : RICKY, LE NOUVEAU FRANCOIS OZON
Tout sur RICKY - La Critique - Photos - Le 2009-02-12 11:29:41
Romain Le Vern 7
RICKY
Un film de François Ozon
Avec Sergio Lopez, Alexandra Lamy
Durée : 1h30
Histoire: Une femme (Alexandra Lamy), abandonnée par son ancien mari et vivant seule avec son enfant, travaille à la chaîne et tente comme elle peut de joindre les bouts. Un jour, son regard croise celui d'un homme (Sergi Lopez) qui oeuvre dans la même usine et éveille chez elle des sentiments endormis depuis longtemps. Une pause cigarette, deux trois mots échangés sur un banc ensoleillé, une étreinte, un rendez-vous au restaurant... Très vite, ils ne se cachent plus et elle tombe enceinte de lui. L'enfant qui naîtra de cette union ne sera pas comme les autres.

RICKY de françois ozon
Dans la filmographie de François Ozon, on peut s'amuser à créer des liens entre ses courts et ses longs métrages. Ricky évoque Regarde la mer, qu'il avait réalisé avant Sitcom, dans lequel une étrange routarde (Marina De Van) perturbait la tranquillité d'une mère de famille esseulée (Sacha Hails, qui jouait avec son enfant). Les deux films fonctionnent sur une tonalité fantastique contaminant le réel mais n'empruntent pas la même direction. Aux antipodes du romantisme morbide de Angel et donc loin des pastiches théâtraux en costumes (Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, son adaptation d'une pièce de Fassbinder et Huit femmes, partie de Cluedo qui devenait une déclaration d'amour aux actrices), Ricky rejoint la veine ouatée de Sous le sable et Swimming Pool qui plonge le spectateur dans des eaux troubles entre réel et imaginaire, action et vérité.
Comme souvent chez lui, l'exercice consiste à tordre un argument de manière à la fois cérébrale et ludique pour que le spectateur participe activement à un jeu de pistes. Ainsi, dans Ricky, la scène d'introduction en flash-forward induit en erreur. A travers une famille socialement précaire et une mère déboussolée qui néglige sa progéniture (en écho à la mère de Regarde la mer qui laissait son enfant sur la plage sans surveillance), Ozon installe un environnement familier avec une pointe de malaise et utilise un montage elliptique pour ôter le superflu. L'élément perturbateur, c'est Ricky, caprice de la nature au cri roque, enfant d'un amour rapidement consommé entre une belle (Alexandra Lamy et ses boucles d'or) et une bête (Sergi Lopez et sa toison velue). Connaissant le goût du romantisme échevelé chez Ozon, on peut arguer que le fait que l'homme soit d'origine espagnole renvoie à une ombre de Fassbinder (Tous les autres s'appellent Ali). D'ailleurs, l'enfant de cette union va rapidement être considéré comme un marginal sur lequel on doit veiller et qu'il faut protéger du regard des autres.
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