PREVIEW : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX
Tout sur LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LA COMMUNAUTE DE L'ANNEAU - Le 0000-00-00 00:00:00
Depuis le temps que des rumeurs amplifiantes nous annonçaient un véritable renouveau du cinéma dans son ensemble avec cette trilogie adaptée de l'oeuvre phare de Tolkien, on ne savait vraiment pas à quoi s'attendre lorsque la salle s'est éteinte. Et 26 minutes après, on était sûr d'une seule chose : Peter Jackson fait du cinéma, effort que beaucoup d'autres n'essaient même plus. Du cinéma, cela veut avant tout dire un bon produit, et la mise en boîte de la chose atteste d'une rigueur, d'un savoir faire et d'une clareté d'ensemble qui asseoient carrément son public. Le terme ''classicisme'' s'impose dans toute la noblesse de son sens premier : on retourne en quelque sorte à certaines sources du grand spectacle de pur divertissement, celui qui se donne les moyens appropriés, non pas pour scotcher les rétines à chaque plan, mais pour raconter une belle et passionnante histoire. Les premières scènes dans le village des hobbits démontrent avant tout l'ambition de nous faire pénétrer dans un univers et de nous en faire accepter toutes les particularités, aussi excentriques fussent-elles, avec naturel. Une démarche qui évoque irrésistiblement celle de Irvin Kershner sur L'Empire Contre-Attaque : toc peut-être, mais si limpide et sincère qu'on ne peut qu'adhérer. Pourtant, ce ne sont là que des prémisces. 
Le gros morceaux de cette avant-première est une scène d'action qui voit notre groupe de héros résister vaillament à une attaque de goblin, puis à l'assaut d'un Orc, pour finir par faire face à une créature terrifiante et gigantesque, le Balrog. Mis à part quelques tics de montage un poil brouillon dans quelques corp-àcorps, la mise-en scène de Jackson capte sans soup férir toute notre attention et se concentre à fond sur ses personnages, trouvant à chaque seconde le bon angle, le bon raccord, la bonne situation, pour leur donner le maximum de densité alors même qu'ils ne sont plus que silhouettes éparses et nerveuses. Ce monde est là sous nos yeux, il existe, et cest à travers une certaine humilité graphique, une profonde sobriété, point trop épique ni lyrique, que Jackson donne corps à son récit et le rend presque palpable, physique. Les effets grandiloquents de ses précédents films sont là, mais dépouillés de leur emphase pour ne plus livrer que leur potentiel narratif évident. C'est beau, captivant et simple à la fois.

Est-ce génial ? D'abord, voilà une donnée, subjective en diable, qu'il ne sera possible d'appréhender (et à chacun son opinion bien sûr) qu'après vision du film dans son ensemble, et plus encore à l'issue du troisième épisode. D'ici là, ces scènes, parfaitement agencées, transpirent à chaque instant une foi inébranlable dans le cinéma et une vision d'ensemble d'un grand équilibre, jamais ''épatant'' (on ne se lèvera pas toutes les 5 secondes pour hurler notre enthousiasme) mais particulièrement impliquant (il est plus probable qu'on soit rivés à notre siège et cramponnés aux accoudoirs), bref diablement efficace. En cela, Peter Jackson a sans doute réussi son pari le plus important : nous entraîner dans une grande aventure.

La bande-annonce finale, comprenant des extraits des trois films, se situe quelque part ente le meilleur de la Guerre des Etoiles et Le Treizième Guerrier de John McTiernan. C'est pas beau ça ?
Denis Brusseaux









































