
Avec les voix françaises de : Gérard Lanvin, Vincent Cassel, Elie Sémoun, Maureen Dor
Voix en VO : Ray Romano, John Leguizamo, Denis Leary
Sortie: 26 juin 2002
Rien qu'à la lecture de cette histoire, on remarque tout de suite son manque d'originalité. Certes des films d'animation qui se déroulent à l'époque de la Préhistoire ne sont pas choses courantes, du moins ceux qui ne montrent pas de Dinosaures.

Cependant, on ne peut s'empêcher de voir dans ce scénario qu'un mélange mal dissimulé de films tels que Trois Hommes et un couffin de Coline Serreau ou encore Le Fils du désert (3 Godfathers, le film de John Ford avec John Wayne, Harry Carey Jr. et Pedro Armendariz, dans lequel trois bandits en fuite se voient contraints de recueillir un bébé dont la mère périt dans le désert puis s'engagent à le ramener en lieu sûr au péril de leur vie.
Dans Ice Age, on retrouve cette trilogie de personnages qui déjà dans le film de Ford avait une forte connotation biblique (les trois rois mages avec l'enfant Jésus).
De plus, le film penche dangereusement du côté de Shrek avec là encore un sentiment de déjà vu : Le duo de départ formé, d'un côté par Manny le mammouth solitaire qui fuit la compagnie des autres animaux pour vivre en paix et, de l'autre, Sid, un paresseux habitué à vivre en clan mais qui exaspère tellement le monde qu'il se retrouve tout seul.
Pas besoin de chercher bien loin la similitude avec un Shrek heureux tout seul dans son marécage jusqu'à ce qu'il doive faire équipe avec un âne à la langue bien pendue.

La différence ici, vient du doublage français de Sid pour qui Elie Sémoun a choisi de donner une voix plus proche de ses légendaires petites annonces (cherche blonde à forte poitrine) que de Donald Duck. C'est dommage car cela plombe l'humour du personnage qui en fait trop et finit par exaspérer. En revanche les voix de Vincent Cassel et Gérard Lanvin se prêtent parfaitement à leurs personnages.
Sentiment de déjà vu également, avec la présence de la petite fille qui malgré une personnalité nettement moins poussée, rappelle fortement celui de Boo dans Monstres et Cie. Monstres et Cie encore, avec le gros monstre poilu sympathique (Manny dans l'un Sully dans l'autre) et le petit malin (Bob contre Sid). On remarquera d'ailleurs la similarité des prénoms...
Quant au personnage de Diego, mélange de Sheer Khan du Livre de la jungle et de Scar du Roi Lion, il ne nous surprend pas vraiment.

Heureusement, la réalisation et l'animation élèvent nettement le niveau du film. On s'étonne encore une fois du souci du détail jusque dans le moindre poil de fourrure à la texture si réelle.
Chris Wedge, le réalisateur, n'est pas un manchot. Il avait remporté l'oscar, d'ailleurs amplement mérité, du meilleur court métrage d'animation pour son hilarant Bunny réalisé en 1998. Le film présentait déjà des qualités techniques sur le plan de l'animation par ordinateur considérées par nombreux spécialistes et amateurs comme nettement supérieures aux 1001 Pattes et Fourmiz sortis la même année.

Au final, un film bancal qui souffre d'un manque certain d'originalité scénaristique (Michael J Avlidsen est le scénariste du navet La famille Pierrafeu, ceci expliquant sans doute cela) mais qui se rattrape en partie par une réalisation impeccable et un humour souvent dévastateur à l'image de Scrat, un écureuil obsédé à l'idée d'enterrer son gland (sans mauvais jeu de mots. Ce dernier vole littéralement le show à chacune de ses apparitions (sorte d'entractes dans le film) plus délirantes les unes que les autres! D'ailleurs, s'il n'y a qu'une scène du film qui doit rester dans les mémoires, ce sera certainement la séquence d'ouverture tout simplement géniale!

Steve






































