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CINE : LA MEMOIRE DANS LA PEAU

CINE : LA MEMOIRE DANS LA PEAU

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Le film d'espionnage est un genre en soi. Popularisé par la saga des James Bond, il vit ses lettres de noblesse acquises avec des titres tels que Ipcress, Danger immédiat et surtout Les 3 jours du Condor dont le principe (un homme seul ignorant pourquoi des individus suréquipés et surentraînés le poursuivent) fut repris dans le récent Ennemi d'état, surenchère visuelle et technologique à l'appui. La question qui se pose alors est la suivante : La mémoire dans la peau s'oriente-t-il d'avantage vers l'action - high-tech version 90's ou bien vers le suspense - recherche de vérité version 70's ?

LA MEMOIRE DANS LA PEAU
2002
Réalisateur : Doug Liman
Acteurs : Matt Damon, Franka Potente, Chris Potente, Chris Cooper, Brian Cox
Durée : 1h58
Sortie : 25 septembre 2002

Recueilli aux larges des côtes méditerranéennes françaises par un chalutier avec deux balles dans le dos, un amnésique ne dispose pour seul indice sur son identité que d'une capsule holographique extraite de sa hanche et sur laquelle figure le numéro d'un compte bancaire à Zurich. S'y rendant afin de découvrir sa véritable identité, il ne tarde pas à s'apercevoir qu'une mystérieuse organisation est à ses trousses ...

Adapté de l'oeuvre du romancier Robert Ludlum, maître de la littérature d'espionnage, et premier volet d'une trilogie axée sur le personnage central de Jason Bourne, La mémoire dans la peau se veut une adaptation la plus fidèle possible de l'univers décrit dans les romans. Les connaisseurs de ces écrits savent donc par conséquent, qu'il est inutile d'espérer de l'action non-stop sur fond de technologie dernier cri dans le film de Doug Liman. Ainsi, si ces deux entités constituaient le maillon fort du film de Tony Scott ou bien des aventures de l'agent 007, elles ne sont, dans le cas présent qu'accessoires et secondaires, le véritable objectif du film se situant ailleurs : la quête d'identité de Jason Bourne au sein d'un univers crédible.



Pour se faire, le scénario, linéaire en apparence (découverte d'un indice : on passe d'un lieu A à un lieu B), demeure particulièrement flou sur de nombreux points : Quel est cet organisme censé appartenir à la CIA ? Quelles fonctions occupent les personnes qui y travaillent ? Qui sont ces individus cherchant à éliminer Jason Bourne ? Pourquoi veulent-ils le tuer ? Autant de questions qui resteront (partiellement) sans réponses. Quelle meilleure et logique façon de traiter l'univers de l'espionnage que de ne point trop en dire ? Car après tout, que savons-nous de ce milieu hormis l'image véhiculée par les fictions et les médias ?

Le pari est donc audacieux : En choisissant l'option de ne jamais clarifier les situations afin d'amener le spectateur à s'identifier au personnage de Jason Bourne, le film prend également le risque de le perdre en route et par là même, de le lasser. Pour pallier cette éventualité, Doug Liman a su maintenir un suspense constant et crescendo tout en s'offrant à intervalles réguliers quelques scènes plus mouvementées. Cependant, inutile une fois encore d'espérer une débauche d'effets pyrotechniques. Les affrontements (mano à mano ou armes à feu) et autres poursuites (à pied ou motorisé) ont pour objectif permanent la crédibilité, décidément le maître-mot du film (exception faite de la confrontation finale). Un exemple parmi tant d'autres : Avant que ne débute la formidable course-poursuite automobile (avec une Austin Mini, fallait oser !), Jason Bourne examine attentivement une carte routière. Combien de fois a-t-on assisté au héros semant ses poursuivants après une petite séance de gauche-droite sur les routes sans jamais rencontrer le moindre sens interdit ou voie sans issue ?



Quel serait le niveau de véracité d'une telle fiction sans des personnages crédibles ? Qu'il s'agisse des poursuivants, déterminés et pour une fois partiellement dépassés par la situation, ou bien des poursuivis, tous sont brillamment dressés et très sobrement interprétés (Matt Damon étant particulièrement convaincant). La réalisation elle aussi jongle à merveille entre calme (moments d'intimité et de doutes) et tempête (la fuite du consulat ou bien le combat dans l'appartement de Bourne sont des perles de mise en scène et de montage) épaulée par un score signé John Powell (Volte/Face) qui renforce avec brio l'atmosphère de chaque situation (tantôt stressante, tantôt inquiétante, tantôt reposante).

Après deux films épatants (Swingers et Go) histoire de se faire les griffes sans trop se prendre la tête, Doug Liman se jette donc dans la fosse aux lions hollywoodienne et en ressort ... indemne (ou presque), prouvant ainsi qu'avec un minimum de souplesse et un maximum de ténacité (vis-à-vis des studios s'entend), tout espoir de grosses productions sensées n'est pas perdu. Sa mémoire dans la peau s'impose comme un blockbuster particulièrement ingénieux, bien conçu, réalisé et interprété.

Stéphane Argentin

  

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  Note des Lecteurs
ma2linette Super !! 10    04 mai
samir pas mal!    15 déc
voila a voir    19 nov
kernos aussi bien que le telefilm avec richard chamberlain ? -    04 oct
SnOOpy Merci Cole ! -    14 sep
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cyberman je l ai vu en avant-premiere et..... -    12 sep
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