
Troie avait tout du gros bubble-gum bien emballé, dont le goût était toujours impossible à anticiper au moment où la lumière s'est éteint dans la salle. Après vision de la chose, il est temps de dresser un verdict... nuancé.
TROIE (Troy)
Un film de Wolfgang Petersen
Avec Brad Pitt, Brian Cox, Eric Bana, Orlando Bloom, Sean Bean, Diane Kruger, Peter O'Toole, Brendan Gleeson
Durée : 2h43
Sortie : 13 Mai 2004
Ménélas (Brendan Gleeson), roi de Sparte, vient de faire la paix avec le royaume de Troie dirigé par le roi Priam (Peter O'Toole). Festoyant avec ses fils, le valeureux guerrier Hector (Eric Bana) et son jeune frère Pâris (Orlando Bloom), il ne se doute pas que sa jeune femme Hélène est amoureuse du plus jeune et s'enfuira le lendemain avec eux à Troie.
Fou de rage, Ménélas s'allie à son frère, le puissant et vil Roi Agamemnon (Brian Cox), surnommé "le roi des rois" pour sa suprématie sur les peuples de Grèce. Ensemble ils lèvent une immense armée, partent récupérer Hélène et détruire Troie. Mais ils ne pourront concrétiser cela sans l'aide du guerrier légendaire Achille (Brad Pitt), invaincu à ce jour.

Brad Pitt est Achille
Troie commence plutôt mal. La mise en place du film des personnages frôle la catastrophe, que ce soit au niveau des dialogues, de l'histoire et du jeu des acteurs, se combinant tous dans un brouillon bâclé de péplum. Point d'orgue de cette mélasse : une musique cacophonique irritante, mélangeant tambours et trompettes, "composée" par un James Horner qui nous avait déjà gâché En Pleine Tempête (de Petersen aussi), venu remplacer au pied levé deux mois avant la sortie du film Gabriel Yared dont la partition avait été jugée trop "vieille" par le studio. Pourtant capable du meilleur, Horner nous livre dans cette première demi-heure de loin la pire composition de sa carrière...
Rajoutons à cela une photographie jolie mais quelconque, des costumes réalistes mais peu transcendants, et surtout un montage totalement bancal, certains plans semblant démarrer avant même que le réalisateur n'ait dit "action" et une multitude d'entre eux finissant sur un ralenti aussi maladroit que laid et injustifié. Les acteurs en font des tonnes, aucun n'est crédible, et le discours sur "l'immortalité" censé sérieux sonne creux. L'exagération propre à la poésie d'Homère est certes là, par bribes, mais tombe à plat. Cette image des milliers de bateaux de guerre traversant la mer d'Egée que nous voyions dans la bande-annonce n'est non pas gâchée par les images de synthèses trop voyantes, mais par la musique d'un Horner en furie. Le premier combat du film, censé nous présenter le héros Achille se fait dans un mélange de Matrix et Gladiator tourné dans un ralenti esthétisant ridicule à la violence complaisante et grand-guignolesque.

Eric Bana est Hector
Alors que la première demi-heure du film se partage entre rires et consternation, Troie, malgré des bases alors très fragiles, se redresse soudainement, fait fi de ses ratés, et semble repartir à zéro au détour d'une scène mémorable annonciatrice de la suite.
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