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CINE : GLADIATOR

Tout sur GLADIATOR - Le 2008-03-04 16:44:42


    Sorti il y a quelques semaines aux Etats Unis (chez nous le 20 juin), Gladiator marque le retour en grandes pompes d'un réalisateur que l'on croyait à jamais échoué sur les flancs du système Hollywoodien. Avec ce film, Ridley Scott nous rappelle qu'il est bien vivant et qu'il a encore des choses à dire.

GLADIATOR
De Ridley Scott
Avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed, Derek Jacobi et Richard Harris.
USA - 1999 - 2h30


Maximus (Russell Crowe), un général romain est banni du pouvoir par Commudus (Joaquin Phoenix), aspirant au trône de l'Empire. Devenu esclave, Il se retrouve dans les rangs des gladiateurs et va devoir se battre pour sa liberté et pour sa vengeance.

Ceux qui vont mourir vous saluent

Ridley Scott, on le sait aujourd'hui, est capable du pire (White Squall, G.I. Jane) comme du meilleur (Alien, Blade Runner).
Après huit ans de mauvais films, il renaît enfin de ses cendres.

Hollywood n'avait pas renoué avec les ''peplums'' depuis grand nombre d'années (pour ne pas dire depuis près de quarante ans) et avait atteint les sommets avec des chefs d'oeuvre comme Ben Hur ou Spartacus. Gladiator a l'ambition de remmettre ces films au gout du jour.

C'est un film qui nécessita quelques six mois de tournage à travers le sud de l'Angleterre, le Maroc et Malte, où furent réalisées toutes les scènes du Colosseum avec un budget dépassant allègrement les 100 millions de dollars.

Mais Scott ne cherche aucunement à marcher sur les plates bandes de ses prédécesseurs et met en scène un scénario ''Shakespearien'' remarquablement écrit (même si les surprises sont minimes) et qui sait aller chercher la tension à la source et faire marcher d'un commun accord le drame et la violence.

Ridley Scott est connu pour aimer créer des univers (Blade Runner, Alien) et en fait ici une nouvelle fois la preuve, recréant à merveille l'antiquité barbare et dictatoriale. La reconstitution historique est bluffante dans tous les sens du terme. Que ce soit costumes, batailles, décors, tout respire l'authenticité.

Dès l'ouverture du film, Scott nous annonce le menu : une fresque historique à grand spectacle déconseillée aux âmes sensibles.
Mais ce drame historique sait se montrer, à la fois épique et d'une grande violence, servi sur un plateau d'argent par un excellent Russell Crowe fraîchement sorti du tournage de Insider. mais c'est aussi un film à effets spéciaux parfaitement maîtrisé et d'une grande beauté.

En réunissant tout cela dans un seul et même film, Ridley Scott parvient à nous offrir une grande fresque d'une incroyable authenticité, une espèce de Spartacus sous amphétamines.

Mais là où Scott trouve sa véritable force, c'est en n'oubliant pas de privilégier les thèmes tels que ‘'Amour, Haine et Vengeance'' par rapport aux scènes de batailles et autres combats magnifiquement orchestrés pour faire de son film un grande fresque barbare.

Note : 8/10

Pascal Faber




GLADIATOR : LA CONTRE

Péplum superficiel

On attendait avec impatience le nouveau film de Ridley Scott, espérant désespérément voir le réalisateur anglais sortir (enfin) du marasme dans lequel il s'était mis et se remettre (enfin) à faire du cinéma. D'autant que le genre du film, le péplum, allait (enfin) renaître de ses cendres (triomphalement ?), quarante ans après son dernier chef-d'oeuvre, Spartacus du regretté Kubrick.
Hélas, aussi grande fut notre déception. Précédé d'une réputation de chef-d'oeuvre aux USA, Gladiator débarque sur nos écrans tout auréolé d'une critique enthousiaste (Première, Studio, pour ne citer qu'eux) qui s'est elle aussi laissée bluffer, preuve s'il en est que la critique (et les spectateurs) ont bien peu de choses à se mettre sous la dent ces temps-ci (où alors ils ne cherchent pas assez) pour aller trouver d'aussi grandes qualités à un film somme toute très moyen. Mais ne nous y trompons pas : Gladiator est néanmoins bel et bien un événement, cela même en dépit de ses faiblesses et ses défauts.

Pour bien résumer notre pensée, on dira en paraphrasant un ami critique au sortir de la projection de presse que le film comporte de vrais beaux thèmes (les mécanismes du pouvoir, la trahison, l'inceste, le goût pour la violence, la vengeance, le sacrifice) mais également de vraies complaisances (une mise en scène trop maniérée et une esthétique trop mode, trop clip, trop clinquante ; l'absence totale de chorégraphie des combats ; la musique martiale horripilante d'Hans Zimmer qui se croit encore dans Rock ; la simplicité du scénario et l'imbécillité de certains dialogues).

Certes, c'est le meilleur film de Ridley Scott depuis Thelma et Louise, mais que l'on est loin de l'économie et la sobriété d'un Alien ou d'un Blade Runner ! (sans compter qu'il est un peu trop facile de comparer le foie gras avec le pâté, si vous voyez ce que je veux dire).
Il est vrai que l'on ne s'ennuie pas beaucoup, qu'il y a même de très beaux moments (comme les premières scènes, en Allemagne) grâce notamment à l'impeccable distribution, Russell Crowe et Joaquin Phoenix en tête. Mais on attendait plus, beaucoup plus. Car jamais le film ne va explorer la richesse et la profondeur de ses thèmes et de ses situations, toujours il va rester à la surface (ne surtout pas se mouiller). On contemple alors le désastre et l'on se plaît à imaginer un autre film, un grand film, un vrai chef-d'oeuvre (que l'on ne verra hélas jamais et qui aurait pourtant pu être ce Gladiator).
Peut-être fallait-il un autre réalisateur et un autre studio (que Dreamworks) ? La réponse est évidente.


Renaud Moran

faber13

  

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(16 votes)

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